L’été approche, c’est la fin des classes et l’arrivée des vacances. Dans le cadre de son exposition Portrait de Jésus, présentée jusqu’au 5 septembre prochain, le Musée de l’Oratoire vous invite à découvrir ou redécouvrir, une série d’images utilisée pendant plusieurs décennies dans les écoles québécoises. Quatre exemples de tableaux silhouettes, diffusés par les Frères des écoles chrétiennes à partir de 1942, y sont présentés pour illustrer des scènes bien connues de la Bible.

Montage du musée et objet 1998.5.46 – Exposition Portrait de Jésus au Musée de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal

Dès le milieu des années 30, s’amorce un changement au niveau pédagogique chez les Frères des écoles chrétiennes. De l’enseignement magistral, basé sur le catéchisme par question-réponse, on mise dorénavant sur la participation de l’élève et la compréhension du message religieux. Le fort contraste et la simplicité de ces tableaux silhouettes assurent alors avec efficacité la compréhension et la mémorisation. La méthode Bernadette Reprises au Québec, ces images proviennent de la commune industrielle française de Thaon-les-Vosges. En 1934, l’abbé Bogard (1898-1958) et ses Sœurs Bernadette de Saint François de Sales, déjà engagées dans l’éducation populaire des jeunes filles et des enfants, développent un nouvel outil pédagogique pour l’apprentissage du catéchisme. Produite dans une France en transition, cette méthode se veut un moyen de contrer la modernité qui ébranlait des valeurs traditionnelles de la foi.

Sœur Marie de Jésus, artiste de la communauté, réalise sous les indications de l’abbé Bogard 600 images pour illustrer les évangiles, l’histoire sainte, le catéchisme et l’histoire de l’Église. La méthode Bernadette devient rapidement populaire et de la reproduction au pochoir, les illustrations sont envoyées à l’impression sous une variété de formats. On retrouve les silhouettes partout en France, mais aussi dans les missions en Asie, en Afrique et dans les Amériques.

En 1958, l’abbé Bogard décède, puis s’ouvre en 1962 le concile de Vatican II qui annonce de nombreux changements – artistiques et fondamentaux – au sein de l’Église. La méthode Bernadette est alors remise en question et la presque totalité des images doivent être modifiées sous prétexte de modernité. Le travail est immense et le décès de sœur Marie de Jésus en 1969 sonne officiellement le glas de la production d’imagerie. Sources