Ce temps de l’Avent nous invite à nous mettre en route pour aller à la rencontre du Seigneur et à nous mettre à l’écoute de sa Parole. Dans l’ancien testament, la montagne est souvent un lieu privilégié où Dieu se manifeste et fait connaître sa volonté.

Quand frère André a voulu ériger l’Oratoire pour en faire une maison de prière, il l’a construit sur la montagne. Il a voulu en faire un havre de paix et de silence qui favorise l’expérience spirituelle, la rencontre intime avec le Seigneur. Si le frère André a dédié son oratoire à saint Joseph, c’est sans doute qu’il voyait en lui un guide privilégié capable de le conduire dans son cheminement spirituel, lui et tous ceux et celles qu’il confierait à la sollicitude du père de Jésus.

Frère André pouvait passer de longues heures en silence dans la pénombre à regarder saint Joseph, comme pour s’imprégner de sa manière à lui d’écouter les murmures de Dieu, de percer les secrets de son amour, de découvrir ses appels à travers la souffrance humaine. C’est ainsi qu’il a appris de Joseph l’importance du silence. Le silence permet un espace pour entendre la Parole de Dieu et lui permettre de prendre racine. Il est comme une pluie fine qui pénètre doucement le sol, le rend fertile et lui permet de porter du fruit.

En ce temps de l’Avent ils sont nombreux les pèlerins qui, comme le frère André, sous le regard bienveillant de Joseph, ouvrent leur cœur à la présence de Dieu, entrent en dialogue avec lui. La foi de ces pèlerins, c’est la plus grande richesse de l’Oratoire. Elle imprègne l’atmosphère de ce lieu sacré. Il s’en dégage une présence qui nous touche, nous transforme, nous habite d’une façon imperceptible, un peu comme le parfum des fleurs au printemps qui nous enivre et nous émerveille.

Entrer dans ce silence, se laisser habiter par cette présence divine, c’est accepter d’ouvrir son cœur à la Parole de Dieu. C’est accepter de se laisser déranger par elle comme le suggère cet hymne du bréviaire:

Frappe à ma porte,
Toi qui viens me déranger.
Frappe à ma porte,
Tu viens me ressusciter.
Je ne sais ni le jour ni l’heure,
Mais je sais que c’est toi, Seigneur.
Frappe à ma porte
Le cri de tous mes frères…
Toi, la misère du monde.
Frappe à ma porte
Le Dieu de toute ma joie.

Quand Dieu prend toute la place dans le cœur de quelqu’un, il se passe ceci d’extraordinaire, il y fait aussi de la place pour tout le monde. C’est là le secret de la grande compassion du frère André et de sa confiance sans borne dans l’amour du Seigneur.
En ce temps de l’Avent, prenons le risque de nous laisser déranger par la Parole de Dieu. Le Seigneur sera notre joie et nous contribuerons au bonheur des autres.

« En route ! Montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob. Il nous enseignera ce qu’il attend de nous et nous suivrons le chemin qu’il nous trace. » Isaïe 2,3