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Titre |
Homéliste
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| 14 mars 2010 |
Quatrième dimanche de carême - Année C |
Tiburtius Fernandes, s.m.a. |
| 7 mars 2010 |
Troisième dimanche de carême - Année C |
Tiburtius Fernandez, s.m.a |
| 28 février 2010 |
Deuxième dimanche de carême - Année C |
Tiburtius Fernandez, s.m.a. |
| 21 février 2010 |
Premier dimanche de carême - Année C |
Tiburtius Fernandez, s.m.a. |
| 31 janvier 2010 |
Seul l'amour demeure - Année C |
Bernard Lacroix, c.s.c. |
| 10 janvier 2010 |
Baptême du Seigneur - Année C |
Tiburtius Fernandez, s.m.a. |
| 3 janvier 2010 |
Épiphanie du Seigneur - (Isaïe 60,1-6; Éphésiens 3,2-3.5-6; Matthieu, 1-12) |
Jonas St-Martin, c.s.c. |
« Homélies pour l’Année A » par Tiburtius Fernandez Éditions Carte Blanche, Montréal, 2007.
« Homélies pour l'année B » par Tiburtius Fernandez Éditions Carte Blanche, Montréal, 2008
Disponible en librairie et à la boutique de l’Oratoire Saint-Joseph
Quatrième dimanche de carême - Année C - 14 mars 2010 - Tiburtius Fernandez
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[Josué 5 : 10-12 ;
Psaume 33 (34) : 2-7 ;
II Corinthiens 5 : 17-21 ;
Luc 15 : 1-3, 11-32]
« Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : ‘Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » (Luc 15 : 1-2). Commençons d’abord par contempler la scène : Jésus assis à table avec des pécheurs autour de lui ! La scène est si provocatrice qu’apparemment aucun artiste n’a encore osé peindre un tel tableau. Comment se fait-il que d’un coté Jésus attirait tous ces pécheurs, et que de l’autre il attirait les reproches de ceux qui étaient scandalisés parce que, selon eux, les pécheurs méritaient une punition, et non pas un accueil, de la part de Dieu ? Eh bien, il leur a raconté une histoire pour leur faire découvrir la face cachée du Père qu’ils ignoraient. C’était sa mission en tant que Fils : faire découvrir le visage du Père.
Un homme avait deux fils. Tous les deux travaillaient dans la ferme familiale. L’entente entre les deux fils, c’était la joie du papa. Mais un jour, le plus jeune des fils demanda sa part d’héritage. Le père l’a vécu comme la mort, car le petit a eu l’audace de réclamer son héritage comme s’il était déjà mort. Les psychanalystes vous diront qu’à travers cette demande, il tue son père. « Donne-moi ma part d’héritage qui, de toute façon, me reviendra quand tu seras mort », est en effet ce que dit le jeune homme.
Le papa partage ses richesses et le jeune fils pense qu’il a tout gagné : l’argent et la liberté à la fois ! D’abord il lui faut quitter le pays, c’est évident, car il faut aller loin, très loin de la famille où il se sentait si étouffé. Il va dans un pays lointain et là il dilapide sa fortune en gaspillant ses biens en compagnies délétères, nous dit saint Luc.
Très vite il se trouve dans la misère. Son rêve se transforme en cauchemar. Il prend conscience de sa déchéance quand il est obligé de se faire embaucher par un païen. Il ne peut plus pratiquer le Sabbat ni les rites d’alimentation casher. Son maître lui demande de garder des porcs, animaux impurs, répugnants et interdits par la loi juive. Alors il décide de revenir à la maison.
Pour son retour au bercail, il a préparé un petit discours : « Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi… » Le père, heureusement, lui coupe la parole et passe à autre chose. « À table ! Faisons une fête, mes amis, mon fils est de retour ! ». Ça, c’est du concret. Sa vie qui lui échappait a trouvé de l’ancrage. Pour le fils qui revient, voici tous les signes de l’alliance : robe, anneau, sandales, repas.
C’est le père qui est le personnage central dans cette histoire. Regardez sa réaction ! Peu importe que son fils soit davantage poussé par la faim que par le désir de l’embrasser. « Vite ! Tuez le veau gras ! Mangeons et festoyons ! » Quel contraste entre la longue patience de l’attente et la rapidité du pardon ! Tout ce qui compte, c’est que le fils perdu soit retrouvé. Le fils était mort, il est revenu à la vie. La joie mystérieuse du père : « Le cœur a ses raisons que la raison ignore. » (Blaise Pascal)
Le fils qui revient rend au père toute la splendeur de sa paternité. Tout est simple, et le père pardonne au-delà de toute attente. Le repas commence, dans le partage d’une nourriture d’allégresse et de communion.
Mais voilà que dans ce climat de fête, éclate un nouveau drame. Le fils aîné, revenant des champs, pique une crise et laisse éclater sa colère. À ses yeux, le comportement de son père est injuste. Le Père semble récompenser la mauvaise vie de son frère et se soucier très peu de la fidélité manifestée à son service toutes ces années. Il reproche au père de n’avoir même pas été gratifié d’une chèvre. Et pourtant il n’avait qu’à la prendre, puisque tout ce qui est au père est à lui. Le vrai problème n’est pas là. Il refuse d’appeler « mon frère » celui que le père appelle son fils. « Quand ton fils que voilà est arrivé… tu as fait tuer pour lui le veau gras ». En clair, il en veut au père d’avoir pardonné. Il ne veut donc pas que le père se conduise en père. Il refuse que le père soit le père de deux fils. À ses yeux, un frère mort serait plus présentable qu’un frère pardonné. Le monde du premier fils, c’est un monde sans pardon… même si nous comprenons un peu sa réaction.
C’est le père qui nous étonne ! Père et mère à la fois. Il fait lui-même le premier pas : il attend l’enfant prodigue sur la route, il l’interrompt, il va aussi au-devant de l’aîné qui refuse d’entrer dans la maison, il tente de le raisonner, il explique.
Le père, il a besoin de ses enfants. À cause de ce besoin, il les remet ensemble. Il n’a d’autre richesse que ses enfants. Il n’aurait rien, si les enfants ne vivaient pas. Il n’est que père. Cela a donné un frère aujourd’hui au fils aîné. Seul un père, ou une mère, peut me donner un frère. Cette page de l’évangile est le récit d’une naissance.
Le fils aîné, c’est moi. Il m’arrive d’oublier que le fils prodigue est mon frère. Lorsque je vois que mon frère, qui ne fait pas autant d’efforts que moi, est pardonné, cela m’irrite, m’oblige à un coup de colère où je découvre enfin une souffrance jamais exprimée, toujours ruminée, toujours refoulée : j’ai toujours considéré mon père comme un maître que je m’efforçais de servir, pensant ainsi lui vouer une vénération filiale exemplaire. Ma colère révèle chez moi une absence de la maison familiale sous couvert d’une activité effrénée aux affaires de la vie.
Le fils aîné, partagé entre jalousie et pardon, va-t-il rentrer à la maison et participer à la fête ? La parabole reste inachevée. C’est à nous de lui donner une conclusion (1).
Mon frère, s’il a besoin du pardon du Père pour redevenir fils, il a autant besoin de mon pardon pour redevenir mon frère. Entendrai-je la parole du Père : « Il fallait bien que nous cédions à la joie ; car ton frère que voilà était perdu, et il est retrouvé ; il était mort, et il est revenu à la vie. » ? - Amen.
(1) N’oublions pas que le fils aîné représente ici les pharisiens et les scribes (Voir Luc 15 : 1). Jésus leur reproche leur colère et leur frustration, mais cela est fait très gentiment. Il leur rappelle qu’ils ont aussi des fils, et qu’en fait, le droit d’appartenance à la famille leur revient en premier lieu. Mais la parabole les intrigue : « Est-ce qu’une famille peut faire autre chose que de se réjouir, quand un membre qui était perdu lui est restitué » ?
Suggestion pour l’Introduction à la messe :
« Au nom du Christ, nous vous le demandons : laissez-vous réconcilier avec Dieu ! », nous supplie l’apôtre Paul à travers sa seconde lettre aux chrétiens de Corinthe. L’histoire du Fils prodigue nous montre que Dieu nous aime. Dans les déserts de nos vies, il nous tend la main. Pécheurs ou justes, il nous invite à la fête. Présentons-nous à lui dans la vérité et sûrs de sa miséricorde. Reconnaissons que nous sommes pécheurs.
Suggestions pour la Prière Universelle :
Introduction :
Seigneur, tu ne cesses de tourner ton regard vers ceux qui sont partis loin de ta présence. Regarde ton peuple qui se tourne vers toi avec confiance et dans l’espérance. Ô Seigneur, écoute et prend pitié.
Conclusion :
Viens, Dieu tout-puissant, brûler nos rancunes et nos jalousies. Accorde-nous ton pardon. Fais-nous vivre de ta miséricorde. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. – Amen.
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| Troisième dimanche de carême - Année C - 7 mars 2010 - Tiburtius Fernandez |
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[Exode 3 : 1-8, 10, 13-15 ;
Psaume 102 (103) : 1-4, 6-8, 11 ;
I Corinthiens 10 : 1-6, 10-12 ;
Luc 13 : 1-9]
La première lecture nous parlait de la vocation de Moïse. Comme nous le savons, l’histoire de Moïse commence comme un conte de fées. Il est né en Égypte, au temps des Pharaons, dans une famille d’immigrés, des Hébreux, venus du Moyen Orient. Adopté par la fille de Pharaon et élevé à la cour, Moïse est sans cesse déchiré entre la loyauté envers sa famille adoptive et le peuple de sa race, réduit à l’impuissance et à la révolte. Finalement un jour Moïse décide et risque. Ne pouvant plus supporter les violences des Égyptiens contre les Hébreux, il tue un Égyptien. Finie la vie à la cour, il est obligé de s’exiler pour échapper aux représailles. Il s’enfuit dans le désert du Sinaï, il y rencontre et épouse une Madianite, Cippora, la fille de Jéthro, prêtre de Madiane.
Moïse est maintenant dans les meilleures conditions pour rencontrer Dieu et recevoir sa vocation. Il est sensible à la misère de ses frères et il a pris des risques pour s’engager à leurs côtés. Il a aussi pris la mesure de son impuissance puisque le seul geste qu’il ait osé poser s’est soldé par un échec.
C’est à cet homme démuni, assassin exilé, devenu berger des brebis que, depuis le buisson ardent, Dieu parle : « Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Je suis le Dieu du peuple, quelles que soient ses épreuves et à quelque endroit qu’il se trouve, en Mésopotamie, en Juda ou, en exil, en Égypte. »
Mon nom est « Je suis », c’est-à-dire, « Celui qui existe », dit Dieu (1). Et il prouve son existence en venant vers son peuple pour le libérer et pour lui donner une vie nouvelle : « J’ai vu, oui – insiste-t-il – j’ai vu la misère de mon peuple, oui je connais ses souffrances. J’ai entendu ses cris. Je suis descendu pour le délivrer » (Exode 3 : 7-8). Quand Dieu dit : « J’ai vu la misère de mon peuple et je connais ses souffrances », Moïse comprend très bien ce que cela veut dire, puisque lui-même avait vu cette misère et connu ces souffrances tout au long de sa vie. Mais quand Dieu lui dit, « Va trouver Pharaon ! », Moïse se rend compte qu’il n’est qu’un émissaire indigne et inefficace puisqu’il avait déjà échoué misérablement. Mais Dieu lui dit : « Je serai avec toi ! », et Moïse ose placer sa confiance dans sa Parole. Et voilà que l’histoire du salut redémarre à nouveau. Tout au long de son histoire, le peuple d’Israël éprouvera la présence à ses côtés de ce Dieu libérateur (2).
Si Dieu est donneur de vie et de liberté, comment se fait-il que nous aimons encore regarder Dieu comme un juge, donneur de mort, et que nous nous complaisons à regarder les hommes comme des malheureux, victimes de ce juge implacable ? Il est intéressant de noter que les gens qui rapportent les dernières nouvelles de la journée à Jésus, dans l’évangile d’aujourd’hui, ont exactement ce type de mentalité. D’abord, il y a eu un massacre dans le Temple de Jérusalem. Au temps de Jésus, il y avait les indépendantistes, les zélotes, qui étaient armés et qui essayaient de provoquer un soulèvement contre le pouvoir romain d’occupation. La police du gouverneur Pilate avait repéré un groupe de ces zélotes venus de Galilée alors qu’ils participaient au sacrifice du Temple et les avait massacrés sur place. La deuxième histoire concerne une tour qui s’est effondrée, écrasant dix-huit personnes sous les décombres.
Saint Luc nous laisse deviner l’interrogation des gens : « Qu’ont-ils bien pu faire au bon Dieu, ces Galiléens, pour qu’il leur arrive un tel malheur ? » De telles réflexions ne sont pas rares de nos jours : « Il semblerait que les X. ont eu un très grave accident de voiture ; et pourtant, ils vont à la messe… » Ou encore, « Pourquoi le Bon Dieu ne lui a pas épargné de perdre son enfant ? ». Parfois ne nous arrive-t-il pas que nos propres collègues passent à côté de nos souffrances, nous laissant seuls à nous battre…
Jésus réplique à ceux qui lui ont raconté ces histoires : « Pensez-vous qu’ils étaient plus pécheurs que les autres pour mériter une telle punition ? » Et la réponse est claire : « Eh bien non ! » Jésus ouvre le regard de ses auditeurs sur une nouvelle façon de comprendre les choses. Comme j’aurais aimé faire entendre cette réplique du Christ aux familles des victimes des deux histoires d’aujourd’hui. Ils ont dû se culpabiliser en apprenant ce qui s’était passé : « Qu’avons-nous pu bien faire au bon Dieu pour mériter cette peine ? Nous n’avons rien fait de mal ! Nous ne sommes pas plus méchants que les autres ! » En apprenant la réponse de Jésus, je suppose qu’ils ont été réconfortés et ont dû devenir ses disciples et, plus tard, des membres fervents des premières communautés chrétiennes.
Le malheur, l’accident paraissent si inconcevables pour nous que nous sommes toujours à la recherche d’un coupable. Dans certaines parties du monde, on cherche même à trouver celui ou celle qui aurait « provoqué » l’accident ou le malheur car cela aide à atténuer la peine. Mais la recherche du coupable est une manière trop facile de se donner bonne conscience, en se plaçant soi-même dans le camp des justes. C’est aussi regarder dans la mauvaise direction et chercher la réponse au mauvais endroit. Plus grave encore est de nous donner bonne conscience parce que d’autres sont punis alors que nous demeurons indemnes. Mais le jour où un malheur fond sur nous ou sur un être cher, alors nous nous rendons compte que la souffrance est un mystère de même que la vie est un mystère et que Dieu aussi est un mystère.
La réponse de Jésus nous invite à faire le choix entre la confiance en Dieu et le soupçon des autres. Choisir la confiance, c’est croire une fois pour toutes que le dessein de Dieu est bienveillant. Dieu ne nous souhaite pas de mal. Pour Jésus, il n’y a pas de lien entre le malheur qui arrive et le péché. « Ni lui, ni ses parents n’ont péché, pour que cet enfant naisse aveugle », dira-t-il, un jour (Jean 9 : 2-3).
Certes, quelqu’un pourra objecter : « Dieu a bien détruit par le feu Sodome et Gomorrhe, et il a envoyé des maladies aux Israélites infidèles ! ». Non, je n’ai pas la prétention ridicule d’empêcher Dieu de punir ! Et, selon la Bible, Dieu a parfois puni les Israélites. Mais je constate qu’une certaine façon de lire l’histoire et les phénomènes naturels fait aussi partie de l’évolution du peuple juif. « Je vous le déclare : ce jour-là, Sodome sera traitée avec moins de rigueur que cette ville-là », dira encore Jésus (Luc 10 : 12).
La mort peut être une affaire de violence humaine, ou de décrépitude des constructions humaines. Le plus important chez un homme peut, d’un coup, périr sous le glaive ou la pierre et la terre peut boire le sang de l’espérance. L’histoire humaine est pleine de soubresauts et d’erreurs. L’histoire des individus aussi. Mais Dieu, il est celui qui prolonge l’existence humaine contre tout droit et toute raison. Dieu est patient et espère toujours nous arracher à la mort. Il nous attend, il nous cherche pour nous donner la vie et nous faire porter du fruit comme nous allons l’apprendre dans la parabole de l’Enfant Prodigue dimanche prochain (Luc 15 : 11-32).
Dieu nous aime tellement qu’il nous a envoyé son Fils. Le Messie, en qui nous croyons, est un Messie crucifié, un innocent qui devient source du salut et signe de grâce pour le monde. En le regardant, nous comprenons qu’en unissant nos souffrances aux siennes, nous pouvons sanctifier nos propres souffrances et devenir des offrandes acceptables au Seigneur. Comme dit le Livre de Daniel : « Nous n’avons rien à t’offrir Seigneur. Mais nos cœurs brisés et nos esprits humiliés, accepte-les comme le sacrifice d’agneaux gras par milliers » (Daniel 3 : 15-16).
Amen.
(1) Par rapport à leur Dieu qui « existe », le peuple choisi établira un contraste avec d’autres dieux en disant qu’ils ne sont que du « néant » (Deutéronome 4 : 28 ; I Samuel 12 : 21 ; Jérémie 16 : 19-20 ; Psaume 115 : 4-7 etc.)
(2) Finalement, être Dieu, c’est être là où il y a la souffrance. Les rabbins juifs discutaient pour savoir ce que Dieu aurait fait si l’histoire avait été différente et que les maîtres violents avaient été les Hébreux et les esclaves souffrants avaient été les Égyptiens. La réponse : Dieu serait intervenu en faveur des Égyptiens.
Suggestion pour l’Introduction à la messe :
L’évangile proclame qu’il n’est pas chrétien de se désintéresser de ceux qui nous entourent, de les juger, de leur prêter des intentions malveillantes, de les blesser par nos paroles ou nos gestes, de détruire leur réputation. Pour nos aveuglements, pour notre manque d’attention aux autres, demandons pardon au Seigneur et reconnaissons que nous sommes pécheurs.
Suggestions pour la Prière Universelle :
Introduction :
Sûrs que notre prière purifie nos regards et transforme nos cœurs, faisons-la monter avec confiance vers le Dieu de toutes grâces. Prions ensemble.
Conclusion :
Dieu de longue patience, tu prends soin de l’homme et tu lui laisses toujours une chance. Donne-nous le temps de nous convertir à toi et fais-nous produire un fruit qui te plaise. Béni sois-tu pour ta fidélité aux siècles des siècles ! - Amen.
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| Deuxième dimanche de carême - Année C - 28 février 2010 - Tiburtius Fernandez, s.m.a. |
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[Genèse 15 : 5-12, 17-18 ;
Psaume 26 (27) : 1, 7-9, 13-14 ;
Philippiens 3 : 17 – 4 : 1 ;
Luc 9 : 28 –36]
Aujourd’hui nous célébrons la transfiguration du Seigneur.
Qui d’entre nous n’a pas eu, un jour ou l’autre, l’envie d’être transfiguré, de changer de vie ? Non pas de changer de l’extérieur comme dans un conte de fées avec des châteaux, des princes charmants, des carrosses et des bals, mais d’être transfiguré de l’intérieur, comme lorsqu’on allume une lampe en soi ou quand une personne solitaire tombe amoureuse.
Oui, la vie quotidienne est désespérante. Elle est sans doute moins dure que celle de nos ancêtres, mais elle est devenue très contraignante : tous les jours, depuis la sonnerie du réveil, jusqu’au coucher, nous sommes dressés à nous soumettre, d’abord à la loi des choses : c’est l’eau qu’il faut faire bouillir, c’est le gaz qu’il faut éteindre, c’est le budget qu’il faut respecter, c’est le marché qu’il faut étudier et encore c’est la facture qu’il faut payer ou la voiture qui demande une réparation… Nous n’avons plus de temps pour nous-mêmes. Vient ensuite la loi de la comédie humaine : il y a la visite qu’il faut rendre, le sourire qu’il faut faire, le dîner qu’il faut organiser... Nos réactions sont prévues, canalisées et calculées pour un rendement maximal. Le nombre des cas de dépression, de surmenage, de suicides mêmes, témoignent d’une vie qui a perdu un peu de son équilibre.
Et puis il y a une sorte de renversement de la nature : animées par une intelligence qui nous échappe complètement et qui semble fonctionner toute seule, les choses nous annoncent leur révolte prochaine pour nous déposséder de nos capacités physiques et intellectuelles et nous rendre encore plus désespérés.
Et notre personnalité dans tout cela ? En attendant que fleurisse notre lot au cimetière, elle est renvoyée à la « vie privée » : chacun dans son alvéole avec la consigne de ne pas embarrasser les autres, même pas sa femme ou son mari, et surtout pas ses enfants. Et si on est enfant, on n’aimerait pas que les autres soient dérangés à cause de soi, surtout pas ses parents : le droit à la vie privée est défendu à tout prix contre l’intrusion des hommes et des choses.
On comprend que dans ce lieu d’absence, on ait l’impression de flotter, d’être un jouet des événements, manipulé par toute sorte de pressions, sans but et sans prise sur la vie. Et si par hasard une calamité quelconque frappe une connaissance, le sens de la précarité prend des proportions alarmantes : « Souviens-toi, homme, que tu es poussière, et que tu retourneras à la poussière. »
Notre aspiration n’est pas de devenir poussière, mais d’allumer une lampe, et de rétablir l’intériorité en nous-mêmes. Nous aimerions être transfigurés pour que soit mis en valeur le monde caché au-dedans de nous, ce monde ignoré systématiquement par les normes de l’industrie qui nous emploie. C’est pour nous révéler le sens caché de notre existence que le Christ, en ce jour, va au sommet de la montagne pour y être transfiguré.
« Fends le cœur d’un homme et tu trouveras le soleil », chante un poète persan. Aujourd’hui le visage du Christ rayonne comme le soleil. Pour décrire ce qui se passe, Matthieu utilisera le verbe grec « métamorphoun » ce qui veut dire littéralement « métamorphoser ». Et pour nous expliquer la scène il nous parlera encore de ses vêtements blancs comme la lumière et de la nuée lumineuse qui les couvre de son ombre (1). Moïse et Élie, les deux hommes de la nuée (2), sont là, pour signifier que c’est bien lui qu’on attendait. Alors, la voix du Père apporte son cachet d’authenticité : « C’est bien lui, mon fils bien-aimé » (Matthieu 17 : 5).
Pierre est emporté par le bonheur : « Maître, qu’est-ce qu’il est heureux que nous soyons ici ; dressons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » Pierre aurait bien aimé qu’on s’installe. Bâtir pour Dieu une maison. Avoir quelque part un lieu où fuir les ennuis quotidiens, un lieu où l’on soit sûr de trouver Dieu, à sa disposition. Il devra renoncer à ce rêve. « Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. » Il n’y aura plus, finalement, qu’un compagnon qui marche auprès de nous, car la route continue. Il faut reprendre le chemin. Nous sommes des pèlerins. C’est justement quand nos rêves sont brisés qu’il faut savoir que nous sommes sur une plaque tournante, et recommencer à marcher. Le Seigneur sera seul avec nous, dans les montées où on perd le souffle, et dans les descentes où tout devient facile. Il sera notre compagnon de route.
Jésus est transfiguré avant d’être défiguré. Cette apparition du Christ glorieux vient à point car bientôt la foi des apôtres sera ébranlée : quand ils verront Jésus en agonie, couronné d’épines, affublé d’un manteau de carnaval, ils fuiront tous. Jésus mourra en croix dans la solitude et la non-intervention de Dieu. Est-ce que Dieu le reconnaît encore comme son Fils ? Pourquoi a-t-il donné raison à ceux qui l’ont condamné ? C’est à cette question que la Transfiguration veut répondre par avance.
Sur le visage de Jésus éclate déjà la gloire du matin de Pâques, la victoire de la vie sur la souffrance et la mort, que les disciples comprendront plus tard. Dieu le Père, par le rayonnement de son Fils transfiguré, baigne de sa lumière l’humanité qui cherche sa route. La transfiguration fait partie de la préparation pour entrer dans la compréhension du mystère pascal.
Amen.
(1) L’expression « couvrir de son ombre », en grec « épiskiazô », n’apparaît que deux fois dans le Nouveau Testament : ici et au moment de l’Annonciation, quand l’Esprit couvre Marie de son ombre. (Luc 1 : 35). « L’ombre lumineuse » qui en résulte est le « Shekina » en Hébreu qui signifiait la gloire qui emplissait la tente de la demeure de Dieu dans le désert durant l’Exode (Exode 40 : 34-35). Par la suite ce mot en vint à désigner la présence même de Dieu.
(2) Moïse avait été appelé par le Seigneur au milieu de la nuée (Exode 19 : 20). Et, « Quand Moïse descendit de la montagne, il ne savait pas que son visage rayonnait de lumière depuis son entrevue avec le Seigneur. » (Exode 34 : 29-30). Élie, lui aussi, avait été emporté dans la tempête sur un char de feu (II Rois 2 : 11).
Suggestion pour l’Introduction à la messe :
Dans notre siècle de vitesse, nous sommes de plus en plus occupés. Parfois nous nous sentons perdus. Nous avons commencé le carême le jour des « cendres » en nous rappelant notre destin : « Souviens-toi, homme, que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière ! » Mais la Transfiguration du Seigneur transforme en perspective glorieuse cette nécessité qui est la nôtre : réduits en poussière, nous passons en Dieu. Laissons-nous transfigurer par Lui, jusqu’au fond de notre cœur, en reconnaissant que nous sommes pécheurs.
Suggestions pour la Prière Universelle :
Introduction :
Le Christ transfiguré nous invite à descendre avec lui, jusqu’en bas de la montagne. Partageons avec lui les soucis et les souffrances de nos frères et sœurs. Prions ensemble.
Conclusion :
Dieu notre Père, dans la transfiguration de ton Fils Jésus, tu nous fais entrevoir l’avenir que tu nous prépares. Daigne écouter nos prières. Qu’elles nous rapprochent de toi, par Jésus, le Christ, notre Seigneur. – Amen.
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| Premier dimanche de carême Année C - 21 février 2010 - Tiburtius Fernandez, as.m.a. |
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[Deutéronome 26 : 4-10 ;
Psaume 90 (91) : 1-2, 10-15 ;
Romains 10 : 8-13 ;
Luc 4 : 1-13]
Un vieux bonhomme très riche, propriétaire d’une usine en Inde fabriquant des tuiles et des carreaux en céramique, nous donnait son secret. Malgré le fait qu’il soit septuagénaire, il était le gérant de son entreprise et était très actif dans la société. Il nous disait : « Le corps humain s’habitue très vite au luxe. Donc si vous voulez rester solides jusqu’à la fin, je vous en prie, ne choisissez pas toujours la solution la plus facile ! » Parfois j’ai essayé de suivre le conseil de ce vieil homme et je n’ai jamais regretté de l’avoir fait.
En suivant le sage conseil de cet homme, j’ai même eu l’impression d’avoir compris ce que Jésus dit dans l’évangile : « L’homme ne vit pas seulement du pain ». Je me suis rendu compte que le confort dans lequel nous avons grandi et que nous croyons important pour la vie n’est pas, après tout, si indispensable. Rester simples, sans s’encombrer de beaucoup de choses matérielles, nous aide à vivre plus profondément. Un jeune homme du Corps de Paix américain qui vivait dans la savane africaine, dans le nord du Bénin, sans électricité, sans réfrigérateur et sans télévision, partageait avec nous son expérience. Il nous disait : « Le monde tourne à une vitesse folle. La vie est devenue très exigeante. C’est en Afrique que je découvre le temps pour m’arrêter, faire silence et me demander si la vie que nous menons est vraiment ancrée à l’essentiel. »
Mais commençons d’abord par reconnaître la vérité. Héritiers d’un progrès inimaginable même pour nos grands-parents il y a tout juste quelques années, nous sommes tous très attachés à ces petits régals que nous offrent les temps modernes : depuis la voiture ou le four à micro-ondes jusqu’à notre si petit mais si réel droit de vote, ou le droit de faire la grève. Qui d’entre nous accepterait de perdre les avantages que mettent à notre portée les découvertes du 20e siècle ? Alors s’il nous manque une ou deux de ces choses auxquelles nous tenons beaucoup, le tentateur, le diable, nous parle au fond de nous-mêmes, remue notre cœur, et soulève la crainte de ne pas vivre assez et de ne pas être à la page.
C’est ainsi que nous sommes emportés par les bruits autour de nous : bruit que font les médias et les réclames, bruit que fait l’argent des autres, bruit de nos propres enfants réclamant toujours plus, bruits hurlant déceptions et injures… Chacun de nous est habitué à la cacophonie. « Mon nom est légion », a dit Satan au Christ (Luc 8 : 30). C’est aussi la deuxième tentation aujourd’hui : Satan lui a montré tous les royaumes de la terre.
Mais « l’homme ne vit pas seulement de pain », dit l’évangile (Luc 4 : 4). Regardons-nous nous-mêmes, regardons ceux qui sont auprès de nous, et nous constaterons que nous sommes plus, que nous valons plus que notre mobylette, notre voiture, notre maison ou toutes ces choses que le hasard des échanges humains peut donner ou enlever. Nous valons plus que ces luttes que nous menons pour les acquérir et pour lesquelles nous sommes employés et mobilisés dans de multiples courses tous les jours.
Oui, nous sommes plus. Nous valons mieux. Sans doute qu’il nous faut gagner notre pain. Sans doute qu’il nous faut nous unir et défendre nos droits. Sans doute qu’il nous faut voter, améliorer notre niveau de vie, accéder même au luxe, pourquoi pas ? La Parole de Dieu n’a pas méprisé le monde, la Parole de Dieu est venue habiter le monde. Le Verbe s’est fait chair. Notre chair. Jésus n’a pas méprisé le pain. À Satan il disait : « l’homme ne vit pas seulement de pain », mais il multipliait le pain pour ceux qui en manquaient. Et il nous a demandé de prier le Père tous les jours en disant : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ».
Alors, s’il y a un Satan à expulser, ce Satan n’est pas dans le progrès que nous avons fait, il n’est pas dans nos outils de production, c’est plutôt au-dedans de nos cœurs qu’il faut le chercher. L’évangile ne nous demande pas de nous retirer de la vie, il ne nous demande pas de renoncer à nos rêves, mais avant toute chose de faire notre voyage intérieur, de replonger dans notre profondeur et de ré-évaluer à la lumière de notre foi le fondement de nos actions et de nos comportements pour retrouver un sens à notre vie.
C’est pour faire ce voyage intérieur que le Christ est parti pendant 40 jours dans le désert. En réalité, ce n’est pas Jésus qui a inventé cette tradition. De récentes découvertes nous montrent des Juifs pieux se retirant dans les solitudes de Judée (Voir aussi Exode 24 : 18 ; I Rois 19 : 8). Apparemment ils vivaient de l’eau pure coulant des oasis et des locustes et du miel sauvage (Voir Matthieu 3 : 4). N’oublions pas que c’est dans le désert que vivait Jean le Baptiste. Israël lui-même a été nomade pendant quarante ans dans le désert du Sinaï. D’ailleurs, sur cette étendue de sable, on se croit seul. Mais à côté de la tente que l’on a dressée au milieu de nulle part, peut surgir tout à coup un de ces hommes nobles tout habillés en bleu et imprégnés d’un grand sens de la solidarité. Parce qu’on est réduit au strict minimum, on est alors content de partager avec lui les quelques dattes et le lait que, pour le chemin, il a emportés dans sa poche de cuir.
Au fait, le diable était un peu bête en lui demandant de multiplier le pain. Jésus serait-il parti au désert s’il avait eu envie de pain ? D’habitude le diable préfère les espaces plus riches et attrayants où il peut nous manipuler plus facilement. Là, il peut préparer ses coups fourrés dans l’ombre. Il peut se faire discret pour mieux nuire. Il peut s’avancer masqué pour nous perdre. Par contre, le désert est le lieu où nous pouvons le mieux le démasquer. C’est l’endroit idéal pour le provoquer. C’est là que nous pouvons le mieux prouver notre capacité à dompter nos désirs, à limiter nos besoins, à faire des choix qui ne sont pas nécessairement ceux de la facilité. C’est dans le désert que le diable perd la partie et se perd lui-même.
La saison de carême est un temps de désert que l’Église nous offre chaque année. Avec raison, on a coutume de considérer le Carême comme une saison austère qui suppose un certain dépouillement. « Durant le Carême, quitte toujours la table avec une petite faim », suggère le Cardinal Danneels. Pensons à inventer nos propres manières de jeûner. Il peut y avoir des consommations abusives qui nous entraînent dans des cercles vicieux où s’affadit le goût de la relation. Ainsi pouvons-nous peut-être jeûner de walkman, de télévision, d’apéritifs, de paroles systématiques de dérision, chacun selon le domaine où il se sent faible. Les plus âgés pourraient jeûner de leurs plaintes sur leur propre santé pour s’intéresser à la vie des autres. Les moins âgés pourraient le faire en se détournant du bruit incessant autour d’eux pour s’interroger sur le sens de leur vie. Fixons notre attention sur le mystère pascal et la victoire de Pâques.
Tout le monde, aujourd’hui, aspire au recueillement, au silence. Pourquoi ne pas prendre le temps de prier, et surtout de faire notre expérience du peuple d’Israël pour qui le désert était le lieu d’apprentissage de la liberté et le chemin vers la Terre promise ? Au milieu du travail, il est toujours possible de se faire un désert, de se retirer intérieurement, de s’adresser à Dieu, de puiser des forces nouvelles. Rien n’y paraîtra. Personne n’entendra la conversation, car personne ne pourra y entrer. Mais la vie acquerra une profondeur et une toute nouvelle dimension.
Bienheureux désert qui nous acculera à l’essentiel. Dans cet essentiel, nous trouverons peut-être la raison d’être de nos décisions, et ce sera le premier acte que nous pourrions poser pour nous prouver que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais qu’il vit dans des hauteurs qui dépassent le pain. Amen.
Suggestion pour l’Introduction à la messe :
Depuis mercredi, nous sommes entrés en Carême. Notre montée vers Pâques a commencé. Traditionnellement, ce temps est considéré comme une période de l’ascèse. Mais l’ascèse n’est pas seulement une manière de se priver et de perdre quelques kilos. C’est surtout un chemin spirituel pour se désencombrer de soi-même. Bienheureux ceux qui savent se dépouiller de toute lourdeur. Préparons-nous à célébrer ces mystères en nous reconnaissant pécheurs.
Suggestions pour la Prière Universelle :
Introduction :
L’homme n’a pas seulement besoin de pain et de sécurité, mais l’homme a besoin d’une parole. Pas n’importe quelle parole, une parole pour le cœur. Une parole de Quelqu’un. Pas seulement une parole sur Dieu, mais la Parole même de Dieu. Demandons au Seigneur maintenant de nous donner sa Parole. Prions ensemble.
Conclusion :
Seigneur que ce temps de Carême te soit consacré. Fais que nous marchions à la suite de Jésus, vers la joie de Pâques. Que nous soyons libérés et que nous entrions dans ta paix. Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. – Amen.
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| Seul l'amour demeure - Dimanche 31 janvier 2010 - Année C - 4e dimanche ordinaire - Bernard Lacroix, c.s.c. |
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Depuis quelques semaines nous sommes témoins de scènes émouvantes et renversantes. Des milliers de morts enterrés rapidement ou ensevelis dans les décombres. Des rescapés que l’on sort des ruines. Des blessés que l’on essaie de soigner. Des enfants orphelins à consoler. Un peuple qui gémit et qui pleure. Une multitude d’affamés luttant quotidiennement pour leur survie.
Plusieurs se demandent : « Où est Dieu? » Personnellement je le vois à l’œuvre. Dans le courage de ces Haïtiens et Haïtiennes qui font tout pour secourir les leurs. Dans la compassion des hommes et des femmes de différents pays qui se rendent présents à la misère des autres. Dans tous les gestes de générosité faits pour appuyer l’aide internationale.
Dieu agit dans le cœur des humains. Comme un dynamisme intérieur qui pousse au don de soi par amour. Mais il prend des chemins imprévus, comme le démontre la Parole de Dieu aujourd’hui. Le chemin de la fragilité avec Jérémie. Le chemin de la fidélité avec Jésus. Le chemin de la conversion avec Paul.
LE CHEMIN DE LA FRAGILITÉ
Jérémie est un homme sensible, affectueux, porté vers les autres. Un homme de cœur qui serait très heureux avec une femme et des enfants à aimer. Mais la vie en décide autrement.
Né dans une famille sacerdotale, il est mis à part pour le service du temple. Et dans une période très troublée de l’histoire du peuple juif, Dieu l’envoie porter aux responsables, aux prêtres et aux prophètes un appel à la conversion. Jérémie se trouve incapable de remplir une telle mission. Il se plaint, proteste, pleure. Il a peur.
Mais à même ses complaintes, que l’on appelle « jérémiades », il entretient avec son Seigneur un dialogue intérieur. Il lui parle avec son cœur. Il découvre alors comment Dieu lui est présent intérieurement et transforme sa fragilité en force. « Je suis avec toi pour te délivrer. » (Jér 1,8)
Expérience spirituelle très forte, mais expérience humaine très douloureuse. Personne ne l’écoute. Il est méprisé, arrêté, battu, mis au cachot, menacé de mort. Il est seul et isolé. Au fond, il a bien raison de se plaindre. Mais il reste, malgré tout, fidèle à sa mission et à son Dieu. Il incarne le serviteur souffrant d’Isaïe et préfigure Jésus rejeté par les siens.
Malgré son échec apparent, Jérémie aura une grande influence sur les générations qui le suivront. Il enseigne que Dieu n’abandonne jamais ceux et celles qui lui font confiance. Dans les situations difficiles, il manifeste sa présence fidèle et aimante. Il transforme nos peurs en force intérieure et nous fait goûter ses bienfaits.
LE CHEMIN DE LA FIDÉLITÉ
Cette force habite déjà Jésus. Après son baptême au Jourdain et son affrontement avec le diable au désert, il retourne en Galilée « avec la puissance de l’Esprit ». (Lc 4,14)
Le jour du sabbat il se rend à la synagogue du village où il a grandi et se lève pour faire la lecture. En écoutant Isaïe 61, 1-2, ses compatriotes se demandent quel commentaire il en fera. « Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Écriture, » leur dit-il.
Ils se réjouissent de voir qu’un des leurs soit choisi pour proclamer une année de grâce du Seigneur. En bons juifs galiléens ils sont bien disposés à accueillir les bienfaits de Dieu. Mais ils s’étonnent que Jésus ait omis la suite de la phrase d’Isaïe : et un jour de vengeance pour notre Dieu.
Et se pourrait-il que le fils du charpentier veuille s’approprier l’ensemble du texte lu : L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction…Se prend-il pour le Messie ce Jésus? Veut-il jouer au prophète et nous berner? Non les bienfaits de Dieu ne sont pas pour les pécheurs et les païens qui pullulent à Capharnaüm.
Jésus devine ce qui se passe dans leur cœur. Ils se renferment dans leur tradition. En refusant que Dieu soit miséricordieux pour tous les hommes et les femmes de cette terre, que ses bienfaits se répandent sur toutes les nations, ils emprisonnent Dieu dans leurs convictions religieuses.
Comme au temps d’Élie, comme au temps d’Élisée, comme au temps de Jérémie les juifs refusent l’appel à la conversion. Aussi Dieu envoie-t-il ses messagers vers les cœurs ouverts à son Amour universel. Lorsque l’agressivité monte chez les Nazaréens et qu’ils menacent de tuer Jésus, celui-ci passe au milieu d’eux et va son chemin. Avec lui, c’est la miséricorde de Dieu pour tous qui va de l’avant. (Lc 4,30)
Pour que le chemin des bienfaits de Dieu nous rejoigne, une seule condition est nécessaire : ouvrir notre cœur à l’envoyé de Dieu, faire confiance au fils de Joseph, le Fils de Dieu.
LE CHEMIN DE LA CONVERSION
Nous pourrions être tentés de blâmer les juifs qui ont rejeté Jésus. C’est oublier que ce dernier demande un changement très difficile pour les croyants en la Torah, la Loi de Moïse. L’apôtre Paul en est un bel exemple.
Né dans une famille juive très fervente de la diaspora, Paul, le pharisien, vient à Jérusalem parfaire ses études auprès de Gamaliel. Il devient un ardent défenseur de la Loi et des prophètes et part en guerre contre un nouveau groupe religieux, les disciples du Nazaréen crucifié.
Il faudra une intervention choc du Ressuscité sur le chemin de Damas pour changer radicalement le cœur du persécuteur. Paul réalisera alors que le crucifié est vraiment le Vivant, l’Envoyé de Dieu venu pour accomplir la Loi et réaliser les promesses de libération annoncées par les prophètes.
Il passera d’une religion légaliste à une religion du cœur, comme Jérémie, où seul l’amour compte. Il nous enseigne que le chemin de la miséricorde divine ouvert par Jésus est source de salut pour tous les humains. Seul l’amour compte pour Paul car « l’amour ne passera jamais » (1Cor 13,8)
L’AUJOURD’HUI DE DIEU
L’aujourd’hui proclamé par Jésus dans la synagogue de Nazareth résonne dans notre assemblée. Jésus nous rassemble pour remercier l’amour infini de Dieu son Père, notre Père. Il nous nourrit de sa Parole et de son Pain de vie. Il nous donne la force de son Esprit pour aller vers les pauvres, les affamés, les exilés, les prisonniers, les abusés, les exclus, les esseulés… et ainsi annoncer les bienfaits de Dieu.
Dieu compte sur nous pour annoncer la miséricorde divine et en témoigner concrètement. Seuls nos gestes d’amour gratuits changent le monde et demeurent dans le cœur de Dieu.
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| Baptême du Christ - Année C - 10 janvier 2010 - Tiburtius Fernandez, s.m.a. |
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[Isaïe 40 : 1-5, 9-11 ;
Psaume 103 (104) : 1-4, 24-25, 27-30 ;
Tite 2 : 11-14, 3 : 4-7 ;
Luc 3 : 15-16, 21-22]
« Le peuple venu auprès de Jean-Baptiste était en attente, et tous se demandaient si Jean n’était pas le Messie » (Luc 3 : 15).
Le peuple était en attente. Qu’elle est longue, cette attente ! Elle colle à notre peau. En Afrique, on écrit derrière les taxis : « Qui vit espère », ou « Qui espère vit ». Nous vivons de nos attentes. Qui d’entre nous saura le nombre d’attentes déçues dans la vie ? Et pour quelques-uns, ça a été très dur. Échec à l’examen, aux interviews, aux affaires… parfois c’est celui ou celle qu’on aime qui déçoit… ou bien, c’est celui sur qui on comptait beaucoup pour être notre modèle qui se révèle être plein de défauts. De temps en temps, la vie nous déçoit.
Tout le monde porte dans le cœur cette blessure infligée par la vie, et ce vide qui se crée en nous, nous permet la profondeur ; il donne la capacité de recevoir, il donne la dilatation indispensable pour l’accueil des autres. Trop pleins, nous ne serons que débordement de nous-mêmes. Orgueilleux et arrogants.
Les blessures favorisent l’humilité et la compréhension des autres. Les grandes attentes ne sont plus frustrées dès qu’elles se convertissent en petites attentions. En fait dans la vie il faut toujours être en attente comme le peuple d’Israël (1). Et il ne faut jamais baisser les bras.
Le peuple d’Israël est en attente. Les croyants qui viennent recevoir le baptême des mains de Jean, espèrent des jours meilleurs. Ils espèrent la venue du Messie promis. Ils repensent aux paroles des prophètes : « Ah si tu déchirais les cieux ! Si tu revenais, si tu nous parlais ! » (Isaïe 63 : 19 – 64 : 2 ; 4 : 12 ; Psaume 144 : 5).
Le peuple espère une libération, et au fleuve Jourdain, Jésus, solidaire de son peuple, le rejoint dans son attente. Il est là au milieu de tous et il se fait comme tous. Il descend dans l’eau avec tous ceux qui demandent pardon. Il les rejoint sans jugement et sans mépris. L’immersion du Christ dans ce qui fait la vie de son peuple montre la solidarité du Fils de Dieu avec la condition humaine, limitée, pécheresse et mortelle. « Avec les pécheurs il s’est laissé compter » (Isaïe 53 : 12).
Il se fait humble (Philippiens 2 : 8), et s’insère dans ce mouvement pour le renouvellement intérieur (2), relancé par le Baptiste au désert. Il entre dans ce mouvement pour l’amener à sa perfection. Il va bientôt commencer la proclamation de la Bonne Nouvelle avec un appel très semblable à celui de Jean-Baptiste. Son baptême achève la mission de préparation confiée au Baptiste et devient un point de départ pour son ministère public.
En sortant du Jourdain Jésus ne commence pas à prêcher à son tour comme Jean-Baptiste. Il garde le silence. Il se tait. Il est dit que « le silence, c’est un peu de ciel qui descend vers l’homme ». Alors le ciel s’ouvre. La lumière de Dieu enveloppe Jésus. L’Esprit, Souffle de Dieu, descend sur lui comme une colombe, l’oiseau symbole de paix depuis les jours du Déluge. De l’Esprit il reçoit la puissance libératrice pour la mission qui est la sienne (Luc 4 : 14, 18-19). Une voix se fait entendre : ‘Celui-ci est mon Fils bien-aimé’ (Voir Psaume 2 : 7 ; Isaïe 42 : 1).
Nous le savions déjà frère des hommes, partageant la vie des hommes :
celle des pauvres à la Crèche,
celle des migrants lors de la fuite en Égypte,
celle des travailleurs à Nazareth,
celle de son peuple en attente aux bords du Jourdain,
et maintenant nous savons qu’il est aussi Fils, celui qui vit dans l’intimité du Père (Voir Galates 4 : 4-5).
Moi, j’ai quitté mon village il y a 30 ans, et quand j’y retourne je ne connais plus les jeunes et les enfants. Je ne connais pas leur nom. Pourtant, quelques fois, quand je vois un enfant, je dis : « Mais celui-là, ce n’est pas le fils d’un tel ? », ou « N’est-il pas de telle famille ? » Sans l’avoir jamais vu, je le reconnais, car cela se voit, cela se sent… dans son visage, dans ses yeux, dans sa démarche, dans sa personne, surtout quand j’ai connu ses parents à l’âge qu’il a maintenant.
« Celui-ci est mon Fils bien aimé ». Désormais en le voyant on peut voir le Père (Jean 14 : 9). On peut sentir le Père. Comme disait Claudel : « Sur la croix, le Père est nu ».
Maintenant, pensez-vous vraiment que c’était Jean-Baptiste qui baptisait Jésus dans le Jourdain ? Qui l’a baptisé ? (voir Luc 3 : 21 ; 4 : 18-19).
Comme l’a écrit saint Jean dans sa première lettre : « Nous sommes appelés enfants de Dieu, et nous le sommes » (I Jean 3 : 1). « Enfants de Dieu ! » Non pas « esclaves de Dieu ». Pas même serviteurs de Dieu. « Enfants » veut dire ceux et celles qui sont enfantés par Dieu. Ceux et celles que Dieu aime comme étant de ses entrailles. C’est une relation qui fait vivre.
Amen.
(1) Notez, cependant, que notre attente est différente de celle des Israélites.
(2) Un mouvement qui a été lancé par les moines esséniens de Qumran. Brûlant d’un désir pour une purification intérieure dans le feu de l’Esprit, tout le peuple d’Israël s’était épris de cet élan vers Dieu.
Suggestion pour l’Introduction à la messe :
Aujourd’hui la fête de Noël se déplace sur les bords du Jourdain, là où Jean baptise les gens avec de l’eau. Le peuple se demande si le Baptiseur n’était pas le Messie. Mais le Messie baptise dans l’Esprit Saint et dans le feu. Il n’y a qu’un seul baptême qui nous purifie et nous fait renaître. Reconnaissons notre besoin d’être renouvelés. Admettons que nous sommes pécheurs.
Suggestions pour la Prière Universelle :
Introduction :
En récitant le Credo, nous venons d’affirmer la foi de notre baptême. Prions pour que jamais cette foi ne faiblisse et que nous soyons chaque jour unis au Père dans la prière et dans l’espérance. Prions ensemble.
Conclusion :
Seigneur notre Dieu, poursuis dans notre cœur de croyants l’œuvre que tu as commencée à notre baptême. Comble les ravins, aplanis les sentiers, rends droit tout ce qui est tortueux. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils, qui règne avec toi et l’Esprit de sainteté, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.
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| Épiphanie du Seigneur (Isaïe 60, 1-6; Éphésiens 3,2-3.5-6; Matthieu, 1-12) - 3 janvier 2010 - Père Jonas St-martin, c.s.c. |
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Frères et sœurs dans la foi, chers pèlerins, quand nous réfléchissons sur la signification de la fête de Noël nous pensons souvent aux enfants. Naturellement les enfants sont motivés par l’idée de cadeau, mais ils sont aussi impressionnés par la signification de la naissance du Christ. Durant la semaine précédant la fête de Noël, j’ai eu la chance d’observer quelques visiteurs au Musée de l’Oratoire, en particulier des enfants accompagnés bien souvent de leurs parents. C’est vraiment touchant de voir avec quelle vénération les enfants regardent les crèches et aussi d’entendre leurs commentaires.
Nous venons de vivre Noël et le premier jour de l’an. Et aujourd’hui, nous voici parvenus à une nouvelle fête, celle de l’Épiphanie. Ce mot d’origine grecque signifie manifestation de pouvoir, apparition avec force et majesté et qui toujours faisait référence à l’arrivée d’une autorité suprême à une ville. Mais dans ce cas, cette autorité est divine, c’est Dieu qui nous visite, qui vient dans notre monde pour nous sauver. Dans les églises latines on donna ce nom à la célébration de l’arrivée des Rois mages parce que c’était la présentation prodigieuse de l’Enfant-Dieu aux mages d’Orient. L’Épiphanie signifie alors cette manifestation de Dieu fait Homme. À proprement parler, c’est le 6 janvier qu’on célèbre la fête de l’Épiphanie mais afin de permettre à ceux et celles qui ne peuvent pas assister à la messe les jours de la semaine, on l’a transféré ce jour.
Frères et sœurs, la fête de Noël ne termine pas encore pour autant. Elle continue ce dimanche avec la fête de l’Épiphanie. En Orient le 6 janvier est la Noël et en même temps, la manifestation de Dieu dans cet enfant qui naît. En fait, Noël et l’Épiphanie sont deux aspects d’une même fête. Ce que nous commémorons en ce jour est la volonté de Dieu de se manifester à tous en Jésus Christ, et non pas seulement au peuple juif. La fête de l’Épiphanie célèbre la manifestation du Dieu invisible qui s’est rendu visible pour le salut du monde. Dans la fête d’aujourd’hui, nous comprenons que Dieu est venu pour sauver les hommes et les femmes du monde entier. Elle nous révèle le côté universel de Noël.
Avec cette célébration, nous comprenons également que l’amour de Dieu n’est pas abstrait ni sectaire, mais universel et concret, et se dirige personnellement à chacun des hommes et femmes de tous les temps, comme nous dit aujourd’hui saint Paul : « Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’évangile » (Éphésiens 3,5). C’est aussi le sens des paroles du prophète que nous avons écouté dans la première lecture : « Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore ».
En effet, depuis la manifestation de Jésus aux mages d’Orient, nous savons que Dieu nous aime tous. Cette histoire des mages venus des pays lointains, nous la connaissons bien parce que nous l’entendons chaque année. Probablement qu’il s’agissait de gens fameux. C’est la raison pour laquelle Hérode les reçoit. Cependant, un parfum de mystère et de légende enveloppe la personne des mages. On ne sait pas combien ils étaient, on sait seulement qu’ils venaient d’Orient. Nous pensons qu’ils étaient trois à cause des trois cadeaux qu’ils offrent à Jésus : or, encens et myrrhe. Quelle importance cela a-t-elle qu’ils soient venus d’Orient ou d’ailleurs? Quelle importance pour notre foi qu’ils soient rois ou ne l’étaient pas?
L’essentiel de la révélation, c’est que les premiers chrétiens avaient compris que le salut apporté par Jésus était pour tous les êtres humains et non pas seulement pour les juifs. Ils nous laissent découvrir que le salut de Dieu, qui est Jésus Christ, ne fait pas d’acception de personnes, d’aucun groupe, de races, de cultures ou de peuples. Si Jésus est la lumière, selon ce que nous indique le livre du prophète Isaïe, c’est pour tous les peuples de la terre. Jésus vient illuminer, dit le prophète, ceux et celles qui dans le monde vivent dans les ténèbres.
Frères et sœurs, cette fête de l’Épiphanie ou des mages, c’est celle de tous les chercheurs. Sommes-nous des chercheurs de Dieu? Mais il ne suffit pas de chercher Dieu avec notre intelligence. Alors que faire? La fête de l’Épiphanie nous apporte une réponse ; elle nous invite à chercher Dieu avec notre cœur et à nous mettre en route. Les mages se sont mis en route à la recherche du roi des juifs en se laissant guider par une étoile. La disparition de l’étoile à certains moments de leur recherche ne les avait pas empêchés de continuer à chercher. Ils acceptent, comme Abraham, de sortir de leur maison, de leur pays et de leurs conforts pour aller à la recherche du Christ. Ils sont conscients que tout l’or du monde n’est rien en ce que vaut le Christ quand il occupe le cœur de celui ou celle qui le cherche.
Alors oui, mettons-nous en route. Nous sommes les mages d’aujourd’hui. Nous cherchons encore Jésus le nouveau-né ; nous cherchons encore la lumière du Christ. Comme nouveaux mages de cette année 2010, nous n’avons ni or ni la myrrhe, ni l’encens à offrir à Jésus. Nous avons à lui offrir nos cœurs et nos vies comme le plus précieux cadeau que nous pouvons l’offrir. Notre cœur est un grand coffre où nous gardons l’or de notre reconnaissance et de notre amour. Notre cœur est un grand encensoir où nous brûlons et élevons vers Dieu l’encens de notre foi, où nous confions les secrets de notre vie à ce Dieu qui nous aime.
Dans notre vie de chrétien(ne)s, nous avons l’étoile de la foi mais de temps en temps elle décline quand nous faisons face à de grosses difficultés. Mais l’important est de garder confiance et de poursuivre en espérant notre chemin. C’est important que nous prenions une décision claire et ferme pour ouvrir notre cœur et notre esprit à l’expérience de Dieu. C’est important que chacun de nous analyse sa propre intériorité pour détecter les lumières et les obscurités qui simultanément occupent l’âme quelque fois. Devant les difficultés nous devons être comme les rois mages et ne pas défaillir. Et Jésus vous répondra : me voici. Je suis dans cette préoccupation, dans cette personne malade, mais ne me cherche pas dans vos caprices, dans votre orgueil, cherche-moi là où je suis. Je suis le Fils de Dieu qui a pris visage humain pour changer votre cœur et transformer votre vie. Il nous dit : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie en abondance » (Jean 10, 10)
Frères et sœurs, que la fête de l’épiphanie ou de la manifestation du Seigneur, soit une occasion de vraie joie à nous sentir appelés par le Seigneur à répandre des fruits de sa présence en nous et autour de nous. Que la contemplation des Rois mages soit une opportunité pour comprendre quelle doit être notre attitude devant le Seigneur qui vient à nous constamment au moyen de sa parole, de ses sacrements. Amen.
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