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SAINT JOSEPH FRÈRE ANDRÉ LA CONGRÉGATION DE SAINTE-CROIX
Saint Joseph
Actualités du sanctuaire > Saint Joseph  
 
Saint Joseph : zéro ou héros?

Trop de tableaux le peignent en vieillard décrépi (croyant «expliquer» une chasteté conjugale souvent attaquée). Puis à force de vie dite «cachée», on le croirait confiné dans un isolement rébarbatif. Enfin réduit au rôle de «pourvoyeur» et de «nourricier», le versement d’une «pension alimentaire» semblerait suffire à lui mériter le titre de «père»! Mari fictif, père marginal, à coups de «silence», d’«humilité» et de «soumission» mal comprise, une certaine littérature a fini par le dissoudre dans l’inconsistance.

Le presque «zéro» de ces caricatures n’est pas le vrai Joseph! Comment une jeune femme de la qualité de Marie aurait-elle pu le choisir comme amoureux et compagnon de vie? Comment le Père céleste aurait-il pu le choisir comme protecteur et père terrestre pour son Fils? Comment l'Église catholique universelle aurait-elle pu se mettre sous son patronage?

Joseph de Nazareth ne fut pas un être insignifiant. Il fut jeune homme amoureux, beau, fort, travailleur habile, décidé, courageux et persévérant. Il «prit chez lui son épouse» (Matthieu 124) et Marie eut un homme dans sa vie, un compagnon qui jusqu’au dernier souffle partagea son destin exceptionnel parce qu’il était lui-même exceptionnel.

En septembre 2005, j’ai eu la chance de participer en Allemagne à un «Symposium international sur saint Joseph» réunissant plusieurs dizaines de chercheurs du monde entier et d’y présenter une étude sur «Joseph sauveur du Sauveur». Si, dans le journal de demain, vous lisez: «Un homme risque sa vie pour sauver un bébé de quelques mois», vous allez penser : c’est un héros! C’est exactement ce que fut Joseph pour Jésus et que l’étude du contexte historique de l’enfance du Christ permet de démontrer.

Joseph ne fut pas un «zéro» mais un «héros». Digne d’admiration, de reconnaissance et de confiance en la puissance de son intercession auprès du Sauveur.


Daniel Picot, directeur
Centre de recherche et de documentation


Cet article est paru dans le bulletin « Le trait d’union des membres associés de l’Institut des Frères du Sacré-Cœur » en mars 2006. L’auteur est un ancien élève de l’école Saint-Joseph, à Asnières-sur-Seine, près de Paris; puis de l’Institution de Paradis, au pied du sanctuaire Saint-Joseph de Bon-Espoir, à Espaly-Saint-Marcel, près Le Puy-en-Velay; et maintenant au service de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, à Montréal.

 
 

Bas relief de Guardo
Crédit photo : Archives de L'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal
 
 
 

 


 

 
 

Saint Joseph
Vitrail de la basilique de l'Oratoire Saint-Joseph

Crédit photo: Archives de l'Oratoire Saint-Joseph 
 
 

 

 

Joseph, un saint populaire



Le 19 mars est un jour de fête attendu. Dans plusieurs pays, on y honore avec solennité et enthousiasme le saint époux de Marie. À la « Saint-Joseph », les gens dansent dans les rues de la Nouvelle-Orléans vêtus de costumes colorés. Les Italiens dressent des tables de festin et préparent des pains qu’ils partagent avec les pauvres. À Valence, en Espagne, de gigantesques sculptures en papier mâché animent la ville puis alimentent un feu de bois. Le passé témoigne aussi de grandes manifestations populaires en Nouvelle-France tels ces coups de canons et ces salves de mousquets qui s’ajoutaient au caractère religieux de la fête.  Instituée au 15e siècle, la fête de saint Joseph est devenue obligatoire dans toute l’Église en 1621 sous le pontificat de Grégoire XV.
 « La tradition de la dévotion à saint Joseph remonte d’ailleurs au tout début de notre pays qui lui fut officiellement consacré en 1624 », notait le père Henri-Paul Bergeron, c.s.c., dans l’une des publications du Centre de recherche de L’Oratoire Saint-Joseph (Cahier de Joséphologie, Vol. XXIII, no 1 : janvier-février 1975, .p.41.). Il continue : « Les Relations des Jésuites nous révèlent à quel point ce culte était populaire en Nouvelle-France. C’est sous son patronage que s’accomplit l’évangélisation des Indiens et c’est le nom que l’on donnait habituellement aux nouveaux convertis. La coutume s’établit rapidement et s’est conservée jusqu’à nos jours de choisir le nom de Joseph comme premier patronyme au baptême. L’étude des mandements des évêques du Québec manifeste aussi que l’encouragement de la dévotion à saint Joseph est une constante de notre histoire. »
De nombreuses chapelles et églises lui sont dédiées. Au Québec seulement, on dénombre aujourd’hui quarante paroisses « Saint-Joseph ». Que vous restiez à Rivière-Bleue, Alma, Carleton, Lanoraie ou Deschambault, une paroisse Saint-Joseph est à proximité. La plus ancienne se trouve sur le territoire du diocèse de Saint-Jean-Longueuil. Il s’agit de la paroisse Saint-Joseph-de-Chambly dont l’érection canonique remonte à 1665.


Invoquer saint Joseph
« Patron des ouvriers, en particulier de ceux qui travaillent le bois, menuisiers et charpentiers, saint Joseph est surtout le modèle des époux et des pères de famille et, plus encore, des cœurs vierges et des âmes intérieures à qui il donne le goût du silence, de la contemplation et de la fidélité à la volonté divine », souligne Jean Ladame (Les saints de la piété populaire, éditions S.O.S., Paris, 1985, p.55). À l’Oratoire du mont Royal, et ce, depuis plus de cent ans, les pèlerins montent nombreux « faire une neuvaine à saint Joseph » comme le recommandait le frère André. On y invoque le charpentier de Nazareth comme modèle des travailleurs, gardien des vierges, soutien des familles, terreur des démons, consolation des affligés, espérance des malades, patron des mourants et protecteur de l’Église universelle.
On voit en saint Joseph le parfait protecteur, celui qui écoute et répond aux demandes les plus humbles. « (…) nous lui remettons encore la charge (…) de subvenir, en économe avisé des trésors de Dieu, à nos nécessités les plus ordinaires qui sont aussi parfois les plus criantes, écrit encore Jean Ladame. D’ailleurs, à partir des grâces matérielles, saint Joseph nous fait désirer celles qui comblent une âme de la présence et de l’amour de Dieu. »


Saint Joseph, un patron, un ami
Le Canada, la Chine, le Pérou, le Vietnam et la Belgique ont été placés sous le patronage de saint Joseph tout comme l’ont été de nombreuses congrégations religieuses fondées au 19e siècle. La popularité de la dévotion à saint Joseph à cette époque va de pair avec la reconnaissance officielle que lui confère l’Église. En 1847, le pape Pie IX décide que la fête du patronage de saint Joseph serait célébrée dans toute l’Église. Le 8 décembre 1870, il proclame saint Joseph, patron de l’Église universelle. En cette même année, Alfred Bessette arrivait au collège Notre-Dame. Qui pouvait bien soupçonner alors que ce jeune postulant de la congrégation de Sainte-Croix allait un jour fonder un sanctuaire d’envergure internationale au flanc du mont Royal? Qui aurait bien pu prédire que cet humble religieux serait écouté et reconnu pour ses qualités exceptionnelles d’intercesseur auprès de saint Joseph?
Pour le frère André, le culte de saint Joseph était la route pour aller vers Dieu. « Tous les gestes qu’il posera jusqu’à sa mort, face à des demandes parfois extrêmes, ont toujours exprimé sa confiance et sa dévotion envers le grand saint qui deviendra son ami, écrit Jean-Guy Dubuc (Le frère André, Fides, 1996, p.110). Des témoins le diront et le répéteront : Il nous recommandait des prières très simples comme celle-ci : Saint Joseph, priez pour moi comme vous auriez prié si vous aviez été sur terre à ma place, dans mes difficultés. Saint Joseph, exaucez-nous… » Et saint Joseph exauce.


Connaissez-vous ce dicton ?
À Saint-Joseph beau temps, promesse de bon an.


Joseph, un prénom
Au début du 18e siècle, un garçon sur dix porte le prénom « Joseph » qui arrive au deuxième rang après Jean-Baptiste. Pendant le régime français, une fille sur 10 est baptisée du nom de Marie-Josèphe, qui est de loin le prénom féminin le plus populaire. Fait intéressant, on observe que de la fin du 19e siècle jusqu’en 1909, Joseph est le prénom masculin le plus souvent choisi pour les nouveaux-nés dans la province de Québec. Pendant les années 1890-1894, un garçon sur 12 s’appelle Joseph et un sur 20 pendant les cinq premières années du 20e siècle. À partir des années 1940 cependant, ce prénom n’est que rarement attribué.


Source :
Louis Duchesne. Les prénoms, des plus rares aux plus courants au Québec, éditions Trécarré, 2001, p.304. 

 
Cet article rédigé par Nathalie Dumas a été publié dans la revue L’ORATOIRE, volume 91, no 2, mars-avril 2002, pages 6-7.