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Titres |
Homéliste |
| Jour 1 - Jeudi 6 mars 2008 |
Texte: ...le pain de la joie |
Bernard Lacroix, c.s.c. |
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Entretien: ...le pain de la joie |
Denise Lamarche, c.n.d. |
| Jour 2 - Vendredi 7 mars 2008 |
Texte: ...le pain du rassemblement et de la communion |
Bernard Lacroix, c.s.c. |
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Entretien: ...le pain du rassemblement et de la communion |
Denise Lamarche, c.n.d. |
| Jour 3 - Samedi 8 mars 2008 |
Texte: ...le pain de la réconciliation |
Bernard Lacroix, c.s.c. |
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Entretien:...le pain de la réconciliation |
Denise Lamarche, c.n.d. |
| Jour 4 - Dimanche 9 mars 2008 |
Texte: ...ce pain de de la vie éternelle |
Bernard Lacroix, c.s.c. |
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Entretien: ...ce pain de la vie éternelle |
Denise Lamarche, c.n.d. |
| Jour 5 - Lundi 10 mars 2008 |
Texte: ...ce pain de la Parole |
Bernard Lacroix, c.s.c. |
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Entretien: ...ce pain de la Parole |
Denise Lamarche, c.n.d. |
| Jour 6 - Mardi 11 mars 2008 |
Texte: ...le pain de la prière |
Bernard Lacroix, c.s.c. |
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Entretien: ...le pain de la prière |
Denise Lamarche, c.n.d. |
| Jour 7 - Mercredi 12 mars 2008 |
Texte: ...le pain donné et partagé |
Bernard Lacroix, c.s.c. |
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Entretien: ...le pain donné et partagé |
Denise Lamarche, c.n.d. |
| Jour 8 - Jeudi 13 mars 2008 |
Texte: ...le pain du grand merci |
Bernard Lacroix, c.s.c. |
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Entretien: ...le pain du grand merci |
Denise Lamarche, c.n.d. |
| Jour 9 - Vendredi 14 mars 2008 |
Texte: ...le pain des forts |
Bernard Lacroix, c.s.c. |
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Entretien: ...le pain des forts |
Denise Lamarche, c.n.d. |
| Jour 1- Jeudi 6 mars 2007:...le pain de la joie |
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TOI QUI NOUS DONNES CE PAIN…
… LE PAIN DE LA JOIE
LA JOIE DE JOSEPH
La neuvaine préparatoire à la grande fête de saint Joseph s’arrime cette année avec la montée pascale. Vous êtes venus en métro, en autobus, en auto sur le Mont-Royal pour y rencontrer Dieu par l’intermédiaire de saint Joseph et du Frère André.
Mais dans le temps de Marie et de Joseph, les gens d’un même village voyagent en caravane, à pied, les plus faibles à dos d’âne, les plus riches en chameau ou à cheval. C’est au retour de leur pèlerinage annuel à Jérusalem pour fêter la Pâque qu’un petit drame éclate.
Après une journée de marche, Marie et Joseph s’aperçoivent que leur ado n’est pas du groupe. Nous pouvons nous imaginer leur souffrance. Et lorsqu’ils le retrouvent au temple de Jérusalem à discourir avec les docteurs de la Loi, c’est la mère qui exprime leur angoisse : « …Ton père et moi nous te cherchons, tout inquiets. »
Par la suite les choses s’arrangent puisque Jésus retourne avec ses parents à Nazareth et qu’il leur demeure soumis. Mais comme beaucoup de parents d’aujourd’hui qui ont des adolescents, Marie et Joseph ne comprennent pas vraiment le comportement et les paroles de leur fils : « Ne saviez-vous pas que je dois être chez mon Père? » L’on peut, cependant, deviner une prise de conscience progressive chez Joseph : son Jésus et lui ont à obéir à plus grand qu’eux, au Dieu du peuple Israël, que Jésus appelle maintenant son Père.
Durant ses années d’adolescence et de jeunesse Jésus doit apprendre beaucoup de son père sur terre. En plus de lui montrer son métier de charpentier, Joseph révèle sûrement à Jésus ce qui fait son bonheur : écouter les appels intérieurs que Dieu adresse à son cœur. En regardant vivre son père, Jésus apprend que la joie profonde découle de l’obéissance aux invitations de Dieu.
NOTRE JOIE DE DISCIPLE
Aujourd’hui Joseph nous indique le chemin de la joie. Dans le quotidien comme dans les moments difficiles, il nous apprend à prendre le temps de chercher quelle est la volonté de Dieu sur nous, qu’est-ce que Dieu désire pour chacun et chacune de nous. Comme Joseph s’est ajusté aux appels du Seigneur et qu’il est ainsi devenu Joseph le Juste, en nous ajustant aux appels de Dieu, nous devenons nous aussi des justes, c’est-à-dire des saints.
Dans ses rêves brisés comme dans ses attentes déçues, l’humble charpentier est demeuré fidèle aux appels de sa conscience. Un plus grand que lui guidait sa route. En nous abandonnant à la volonté de Dieu, nous trouvons, comme Joseph, une joie profonde qui nous est donnée d’en haut. Une joie qui devient source de force intérieure et qui s’accompagne de la paix du cœur et de la sérénité de l’esprit.
Nous sommes maintenant conviés à répondre à un appel particulier. Le Seigneur Jésus nous invite à communier à la joie pascale. En refaisant avec nous son dernier repas, le Ressuscité nous donne la joie d’un partage réciproque : un « je t’aime » entre le Père du ciel et chacun ou chacune d’entre nous. Remercions-le pour le pain de vie descendu du ciel. Et demandons-lui de nous garder dans sa joie éternelle.
Bernard Lacroix, c.s.c.
Le 6 mars 2008
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| Jour 1 - Jeudi 6 mars 2008: 1er entretien |
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1er jour
Toi qui nous donnes ce pain…
le pain de la joie…
1er entretien (Après la salutation présidentielle)
Dès notre entrée en célébration, nous avons chanté :
En marchant vers toi, Seigneur,
Notre cœur est plein de joie.
En plein Carême, alors que nous entendons l’appel du Seigneur à nous convertir, à tourner notre cœur vers lui, il arrive que nous ne fassions pas à la joie toute la place qu’elle mérite.
Et pourtant, nous sommes montés à l’Oratoire. Nous accomplissons comme Joseph, comme Marie, comme Jésus une montée vers Pâques. Comme eux qui, très certainement, avaient entrepris, dans la joie, le pèlerinage au Temple de Jérusalem, nous nous sommes faits pèlerins et pèlerines. Nous sommes venus sur cette montagne, dans la maison de Dieu qui est, comme le disait le Frère André «la maison de tout le monde». C’est là que, pendant cette neuvaine qui commence, nous voulons, d’une manière toute particulière, rencontrer notre Dieu.
Lors des grandes montées au Temple de Jérusalem, Joseph, Marie et Jésus chantaient, avec leurs contemporains, un psaume qu’il nous arrive de reprendre aujourd’hui. Ils chantaient :
J’étais dans la joie, alléluia!
Quand je suis parti vers la maison du Seigneur.
Cette joie qu’ils éprouvaient, nous sommes conviés à la partager. Même si nous portons notre lot de peines et de souffrances, même si nous vivons des deuils et des angoisses, nous sommes appelés à la joie, à cette joie beaucoup plus grande que le simple plaisir. Un fait vécu peut nous permettre de le comprendre :
Dès la première année de leur mariage, Myriam et Jean-Luc ont vécu épreuve sur épreuve. Ils ont subi une inondation; leur maison est passée au feu et ils ont perdu leur enfant premier-né. Alors que, me faisant compatissante, je leur disais : «Comme vous devez être malheureux!» Jean-Luc m’a reprise : «Non. Nous ne sommes pas malheureux. Nous souffrons beaucoup mais la joie qu’il y a dans notre cœur, aucune souffrance ne peut nous la ravir.»
La joie nous est donnée. Elle est une force intérieure qui nous vient de notre foi au Seigneur Jésus, de notre espérance en lui. Nous la vivons au mieux quand nous nous entraidons les uns les autres, quand nous partageons, quand nous pardonnons ou recevons le pardon de quelqu’un, quand nous vivons en paix avec nous-mêmes, avec les autres, avec Dieu.
La joie est au cœur du message de l’Évangile : «Demandez et vous recevrez», nous dit Jésus, «afin que votre joie soit parfaite» (Jn 16,24). Malgré les souffrances qui peuvent être les nôtres, entendons, alors que nous montons vers Pâques, l’appel que l’Apôtre Paul adressait aux Philippiens et qui retentit jusqu’à nous : «Réjouissez-vous dans le Seigneur» (Ph 3,1; 4,4). La joie est un don de Dieu; elle est une caractéristique de la vie des chrétiens et des chrétiennes.
Denise Lamarche, CND
2e entretien : (Après la prière d’ouverture)
Quand nous célébrons l’eucharistie, nous pouvons reconnaître que le pain que Dieu nous donne, c’est le pain de la joie. Participer à la messe, ce n’est pas une punition ou une sanction. C’est une fête. Une fête pour le cœur. Une fête à laquelle nous sommes invités par notre Dieu qui veut, de manière toute particulière, nous dire son amour.
Quand j’étais enfant, tous les dimanches après-midi, nous allions chez ma grand-mère. C’était là le lieu du rassemblement de ses enfants et de ses nombreux petits-enfants. Un jour que je ne voulais pas y aller parce que je préférais jouer avec une petite amie, ma mère m’a simplement dit : «Pourtant, grand-maman t’aime tellement.» J’ai changé d’idée. Je ne pouvais pas décevoir ma grand-mère qui m’aimait. Je ne pouvais pas lui enlever cette joie de me montrer son amour à moi comme à tous ses petits-enfants.
Plus tard, au tout début de mon âge adulte, la tentation m’est venue de ne pas aller à la messe, un dimanche, pour m’adonner à un loisir. Et cette expérience de mon enfance est remontée à ma mémoire. J’entendais une voix intérieure qui me disait : «Pourtant, Dieu t’aime tellement.» J’ai choisi de me rendre à l’église pour participer à l’eucharistie. Depuis ce jour-là, je comprends que la messe, l’eucharistie, c’est un «je t’aime» que le Seigneur nous dit au cœur. Il nous invite à venir écouter ce «je t’aime» qu’il veut nous dire à chacun et à chacune; qu’il veut nous dire à nous tous et toutes qui nous rassemblons; qu’il veut dire au monde entier. Il nous invite à venir partager le pain de son amour, le pain de sa joie.
Nous venons à l’eucharistie parce que nous y sommes invités par Dieu qui nous aime et qui veut que nous soyons dans la joie. Il arrive que nous soyons heureux, heureuses d’y venir. Il arrive aussi que cela nous demande un effort, un certain renoncement. Il arrive que nous ayons le cœur brûlant d’amour pour le Seigneur. Il arrive aussi que nous soyons plus tièdes. Il arrive que nous ayons beaucoup de reconnaissance à exprimer pour des faveurs obtenues. Il arrive aussi que notre cœur soit en miettes, brisé par la peine et la souffrance. Dieu qui aime chacun de ses enfants d’un amour infini veut dire à chacun son «je t’aime.» Il veut que sa Parole que nous accueillons à chaque eucharistie résonne comme un «je t’aime» dans notre cœur. Il veut que le pain que nous mangeons à la table eucharistique nous nourrisse de son amour pour notre plus grande joie.
Prenons en notre cœur les membres de nos familles, les personnes qui souffrent de maladie, de pauvreté, de violence, de rejet, prenons en notre cœur les gens de toute la terre. Quelles que soient nos attentes, quelles que soient nos appréhensions, quelles que soient nos peurs, quelles que soient nos forces et nos faiblesses, mettons-nous en route, allons dans la joie à la rencontre du Seigneur. C’est lui qui, toujours, nous dit au cœur : «Venez et entrez dans ma joie.»
Denise Lamarche, CND
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| Jour 2 - Vendredi 7 mars 2008: ...le pain du rassemblement et de la communion... |
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TOI QUI NOUS DONNES CE PAIN…
… CE PAIN DU RASSEMBLEMENT
ET DE LA COMMUNION…
Dans nos familles comme dans nos groupes d’amis ou de travail, il y a souvent une personne qui a le don de rassembler les autres. Joseph a reçu de Dieu ce don de rassembleur, don qu’il a exercé à trois niveaux : son foyer, son peuple et sa religion.
SON FOYER
Le grand mérite de Joseph est d’avoir accepté de prendre pour épouse une femme déjà enceinte et d’adopter par la suite son enfant. Ce faisant, cet humble charpentier rassemblait sous son toit la mère de Dieu et le Fils envoyé par le Père du ciel. Il donnait à cet enfant un lieu d’insertion : Nazareth. Ce qui se passait à ce moment-là dépassait le charpentier: en la personne de Jésus le ciel et la terre s’unissait. Divin rassemblement!
SON PEUPLE
Ce n’est pas tout. Joseph est aussi fils de David. Il est de la descendance de ce grand roi qui a unifié les tribus d’Israël en leur donnant Jérusalem comme capitale. Et les prophètes ont prédit que le Messie serait de la famille de David. En donnant son nom à Jésus, Joseph le situe en droite ligne avec une famille royale en attente d’un Sauveur.
SA RELIGION
Comme père de famille, Joseph préside, après le coucher du soleil de chaque vendredi, le repas familial et la prière qui débutent le sabbat. Le samedi il conduit son fils à la synagogue pour l’initier aux rites de la religion, lui apprendre la Loi de Moïse et prier les psaumes qui remontent au temps de David. Et avec le pèlerinage annuel à Jérusalem pour la Pâque juive, Jésus, sous la conduite de Marie et Joseph, se voit initié aux rassemblements religieux des juifs et communie à la foi de leurs ancêtres.
LA NOUVELLE ALLIANCE
C’est ainsi que la table est mise pour une Nouvelle Alliance. Joseph donne à son fils, dont la naissance et la mission demeurent mystérieuses pour lui, tous les outils humains pour qu’il se réalise selon le plan de Dieu. L’enfant de Marie adopté par Joseph deviendra le Christ-Roi. Il étendra la royauté de David à l’humanité entière en rassemblant toutes les nations dans le cœur de Dieu. Il accomplira la Loi de Moïse en faisant de la religion juive une communion d’amour entre Dieu et l’humanité entière.
LE SACREMENT DE LA NOUVELLE ALLIANCE
Jésus est le nouveau David, le nouveau Moïse. Il est le Messie libérant du
mal et de la mort tous les humains. Le Seigneur Jésus continue cette mission par nous aujourd’hui. Il nous rassemble autour de sa table pour nous mettre en communion avec son Père et entre nous. Puis il nous envoie vers nos frères et sœurs annoncer cette Bonne Nouvelle qui nous rassemble les uns aux autres : Nous sommes le Corps du Christ!
Bernard Lacroix, c.s.c.
Le 7 mars 2008
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| Jour 2 - Vendredi 7 mars 2008: 2e entretien |
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2e jour
Toi qui nous donnes ce pain…
le pain du rassemblement et de la communion…
(Après la 1ère lecture)
Hier, en célébrant l’eucharistie, nous avons reconnu que Dieu nous donne le pain de la joie. Aujourd’hui, nous voulons mieux comprendre que l’eucharistie est aussi le pain du rassemblement et de la communion et que c’est Dieu qui nous donne de nous rassembler et de vivre cette communion. C’est lui qui nous invite. C’est lui qui nous dit : «Rassemblez vite l’Église que nous fêtions.»
Dans notre vie tout ordinaire, nous vivons de nombreux rassemblements. Dans tous ces rassemblements nous demeurons nous-mêmes mais, nous sommes, ensemble, un seul groupe, une seule assemblée. Nous apportons chacun, chacune, notre contribution mais, c’est le groupe ou l’assemblée qui est mis de l’avant.
Comme ces groupes qui se forment pour chercher un enfant disparu où chacun, chacune, ajoute ses efforts à ceux des autres pour trouver une petite Cédrika Provencher ou un petit Alexandre Livernoche. Comme dans un orchestre qui interprète une symphonie. Le concert serait raté si un violoniste ou un flutiste, ou un percussionniste se faisait cabotin et prenait à lui seul la vedette. Le concert est réussi si tous les musiciens, sous la direction du chef d’orchestre, s’ajustent les uns aux autres.
Jésus de Nazareth a, lui aussi, vécu des rassemblements pendant sa vie terrestre. Et juste avant de vivre sa passion et de mourir, il a voulu rassembler ses disciples pour un repas d’adieu.
Ce repas d’adieu de Jésus, nous le refaisons à notre manière quand nous célébrons l’eucharistie. Et ce rassemblement est, pour les chrétiens et chrétiennes, signe et facteur de communion et d’unité. La célébration eucharistique est le grand rassemblement de la famille de Dieu. Et c’est lui qui, nous rassemblant autour de sa table, nous donne le pain de la communion. Il nous arrive souvent d’entendre des personnes qui disent : «Nous ne nous connaissons même pas; nous n’avons rien en commun; nous ne sommes pas une vraie communauté. Comment alors, dire que nous sommes en communion?»
Pourtant, même si nous ne nous connaissons pas intimement, nous pouvons nous reconnaître comme des sœurs et des frères qui partagent une même foi. Nous venons célébrer l’eucharistie parce que nous croyons, parce que nous avons confiance en Dieu notre Père, en Jésus qui est bien vivant parmi nous, en l’Esprit Saint qui nous guide pour que nous vivions dans l’amour de Dieu et de notre prochain. Et si notre foi est fragile, nous pouvons nous appuyer sur la foi des autres. Nous sommes une communauté de foi et l’eucharistie est la suprême confession de foi de l’Église.
Nous pouvons nous reconnaître encore comme des sœurs et des frères qui veulent vivre à la manière de Jésus en partageant, en pardonnant, en nous entraidant les uns les autres. Nous sommes une communauté voulant vivre selon les appels de l’Évangile. Et chaque eucharistie nous propose d’accueillir l’Évangile pour en vivre toujours mieux.
Nous pouvons nous reconnaître aussi comme des sœurs et des frères qui veulent faire leur part pour qu’il y ait plus de paix, de justice, de solidarité dans le monde. Nous sommes une communauté consciente des souffrances du monde et nous voulons nous engager avec d’autres pour qu’Il soit plus beau et que les gens soient plus heureux. À chaque eucharistie, nous portons en notre cœur la préoccupation du monde. Et chaque eucharistie nous invite à repartir et à agir, là où nous sommes, pour faire advenir la justice, la paix, la solidarité, la conservation de la planète.
Nous pouvons enfin nous reconnaître comme des sœurs et des frères qui veulent prier et célébrer le Seigneur ensemble; nous venons accueillir sa Parole ensemble; nous lui répondons ensemble; nous posons les mêmes gestes ensemble. Et l’eucharistie est la plus belle et la plus grande célébration de l’Église. À l’eucharistie, c’est toute l’Église qui célèbre et fête en l’honneur de Jésus qui n’est pas resté dans la mort mais qui est ressuscité.
Même si nous ne connaissons pas ceux et celles qui sont avec nous pour l’eucharistie, nous pouvons dire que nous portons dans notre communion une même foi, un même désir de vivre une vie fraternelle à la lumière de l’Évangile, une même participation à la mission de l’Église qui doit s’engager dans le monde, une même ouverture à la prière et à la célébration.
Par ces quatre dimensions de la mission de l’Église (foi – vie fraternelle à la lumière de l’Évangile – engagement dans le monde – célébration) nous devenons progressivement ce que nous sommes déjà : le Corps du Christ. La présence du Ressuscité est en nous, dans notre assemblée. C’est pourquoi il faut, comme nous le propose l’Apôtre Paul, nous attendre les uns les autres. Personne n’est parfait. Chacun, chacune a besoin de grandir dans ces divers aspects de la mission de l’Église. Attendons-nous les uns les autres. Entraînons ceux et celles qui sont moins avancés; laissons-nous entraîner par ceux et celles qui le sont davantage.
L’eucharistie est le sacrement de l’amour qui crée la communion. Rappelons-nous le dernier discours de Jésus lors de son repas d’adieu. Il a demandé à ses Apôtres de demeurer dans son amour (Jn 15,9). Il leur a donné un commandement nouveau : «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.» (Jn 15, 12) C’est dans ce contexte de l’amour qui assure la communion entre Jésus et le Père, entre Jésus et les siens, entre les disciples eux-mêmes que l’eucharistie est instituée. Aujourd’hui comme toujours, les humains ont faim d’amour. L’eucharistie nous garde unis dans l’amour et nous fortifie pour que nous puissions aimer à la manière de Jésus. Elle est un seul pain pour une même faim qui se dit de multiples manières; une seule coupe pour ceux et celles qui disent ensemble : «Mon âme a soif du Dieu vivant.» (Ps 42,3)
À la Cène, Jésus priait son Père en disant «Que tous soient un afin que le monde croie que tu m’as envoyé.» (Jn 17,21) Il priait pour ses disciples et pour tous ceux qui croiraient en lui. Il priait donc pour nous, demandant que nous soyons unis, que nous soyons en communion entre nous et avec lui. C’est la charité qui assure l’unité. Et ce que Paul reproche aux Corinthiens, c’est justement de ne pas garder l’unité. Il leur dit : «Quand vous vous réunissez, il y a des divisions entre vous. Ce n’est pas le repas du Seigneur que vous prenez, car au moment de manger, il y en a qui s’enivrent alors que d’autres crèvent de faim.» (Cf. 1 Co 11,18.20-21)
À nous de voir si nous méritons le même reproche. À nous de vivre selon le conseil de Paul : Attendons-nous les uns les autres. (1 Co 11,33) Reprenant l’idée de saint Augustin, devenons ce que nous sommes : le Corps du Christ. Souvenons-nous avec grande reconnaissance que l’eucharistie est le rassemblement des filles et des fils de Dieu qui acceptent l’invitation à venir fêter ensemble en l’honneur de Jésus ressuscité.
Denise Lamarche, CND
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| Jour 3 - Samedi 8 mars 2008: ...le pain de la réconciliation |
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TOI QUI NOUS DONNES CE PAIN…
CE PAIN DE LA RÉCONCILIATION…
LE JOSEPH DE L’ANCIEN TESTAMENT
Les pèlerins qui montent à l’Oratoire Saint-Joseph à pied depuis le chemin Queen Mary peuvent faire une première prière devant une statue de Joseph portant l’Enfant Jésus sur son bras gauche. Et sur le socle de cette statue, on lit, écrite en grosses lettres, une inscription en latin : Ite ad Joseph. Ce qui se traduit par : Allez à Joseph.
Ces mots se trouvent effectivement dans la Bible, mais en référence à un autre Joseph dont vous vous rappelez sûrement l’histoire. Nous nous retrouvons au début de l’histoire sainte : Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Esaü et Jacob. Jacob eut douze enfants, mais Joseph, le plus jeune, était son préféré. Par jalousie, ses frères le vendirent à des marchands en route vers l’Égypte et firent croire à leur père Jacob qu’il était mort dévoré par une bête.
Vendu comme esclave à l’intendant des gardes du Pharaon et après avoir connu bien des péripéties, Joseph se retrouva maître du palais grâce à son don d’interpréter les rêves. Reconnaissant en lui un homme de Dieu rempli d’intelligence et de sagesse, le Pharaon lui référait toutes les demandes d’ordre matériel, car le pays était dans une période de disette. Il disait : Allez à Joseph. Ite ad Joseph.
Vous vous rappelez la suite de l’histoire. La famine s’est étendue vers le nord jusqu’au pays d’Israël. Et Jacob envoya ses fils en Égypte pour trouver de quoi manger. Ceux-ci se firent dirent : Allez à Joseph. Ite ad Joseph. Le benjamin ne se fit par reconnaître tout de suite. Il accueillit ses frères avec bienveillance et pardonna leur trahison. Il les envoya chercher leur père pour qu’il profite de l’abondance en Égypte et ce fut la grande réconciliation familiale.
LE JOSEPH DU NOUVEAU TESTAMENT
Le patriarche Joseph de l’Ancien Testament devient un modèle pour le charpentier de Nazareth. D’abord sa capacité d’interpréter ses propres rêves pour connaître la volonté de Dieu et le guider dans ses choix. Puis cette générosité du cœur qui lui permet de s’oublier pour les autres et de se réconcilier avec les défis de l’existence.
Pensons à deux situations difficiles. Sa fiancée qui se retrouve enceinte et que Dieu lui demande de prendre quand même comme épouse. Puis son fils adopté qui décide de rester au Temple de Jérusalem et qui lui annonce au moment des retrouvailles qu’il doit se consacrer aux choses de son Père.
Joseph est perçu comme celui qui se réconcilie tellement bien avec la mission que Dieu lui confie que les chrétiens le choisissent comme un négociateur, un médiateur, un réconciliateur privilégié auprès de Dieu. C’est du moins ce que le Frère André croyait. Pour toutes demandes de guérison physique ou spirituelle, il disait : Allez à Joseph. Ite ad Joseph.
Demandons à saint Joseph, notre patriarche du Nouveau Testament de nous guider vers le Seigneur Jésus dans toutes nos démarches de réconciliation. Lui qui a veillé sur celui qui ne cesse de réconcilier l’humanité avec le Père du Ciel, qu’il veille sur nous. Ainsi goûterons-nous le pain de la vie nouvelle qui nous met en communion avec le Père et en harmonie les uns les autres.
Ite ad Joseph! Allez à Joseph!
Il nous conduit au Seigneur Jésus ressuscité. Il nous conduit à Dieu le Père de toutes miséricordes.
Bernard Lacroix, c.s.c.
Le 8 mars 2008
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| Jour 3 - Samedi 8 mars 2008: 3e entretien |
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3e jour
Toi qui nous donnes ce pain…
le pain de la réconciliation…
(Après la prière d’ouverture)
Depuis le début de la neuvaine, nous avons voulu apporter une attention particulière à la célébration de l’eucharistie comme étant une grande louange à Dieu qui nous donne le pain de la joie et le pain du rassemblement et de la communion. Aujourd’hui, nous allons encore nous tourner vers notre Dieu en lui disant de tout notre cœur : «Quand nous venons célébrer l’eucharistie, nous te reconnaissons comme celui qui pardonne toujours, toi qui nous donnes ce pain de la réconciliation.»
L’année dernière, j’étais au chevet d’une personne mourante. Autour du lit de cette personne, il y avait aussi plusieurs membres de sa famille. Soudain, très émue, la personne qui allait mourir – c’était un prêtre – me dit en me présentant son neveu et sa nièce qui sont frère et sœur : «Ils viennent de me causer un grand bonheur; ils se sont réconciliés après des années où ils ne se parlaient plus.» Et, prenant sa sœur par la main, le neveu en question a tout simplement ajouté : «Et c’est grâce à mon oncle qui a toujours cherché à rassembler la famille.»
Cette histoire vraie me fait penser à ce Dieu que nous nommons Père et qui veut toujours nous rassembler, à Jésus qui veut toujours nous réconcilier.
Beaucoup de personnes parmi nous ont pu être les témoins de semblables réconciliations. La fille qui était en brouille avec ses parents accepte de revenir vers eux à l’occasion de leur anniversaire de mariage; le fils qui en voulait à son père décide de l’inviter pour qu’il vienne connaître ses petits-enfants… Et je me souviens avec grande reconnaissance de mon père qui nous disait : «Votre mère et moi aurons réussi votre éducation si, toujours, vous pouvez manger à la même table parce que vous êtes en paix les uns avec les autres.»
Quand nous venons célébrer l’eucharistie, nous savons bien que nous ne sommes pas parfaits. Nous reconnaissons que nous sommes pécheurs. Nous sommes capables de nous dire que nous ne faisons pas toujours au Seigneur la place qu’il mérite en notre vie; nous reconnaissons aussi que nous n’agissons pas toujours comme le Seigneur Jésus nous demande de le faire en aimant les autres, en partageant avec eux, en leur rendant service. Nous admettons facilement que nous ne sommes pas toujours des personnes qui travaillent pour que le monde soit plus beau et les gens plus heureux. Et dès le début de notre célébration, nous sommes au clair : nous reconnaissons, devant Dieu et devant nos frères et sœurs, avoir péché en pensées, en paroles, en actions et omissions. Nous demandons au Seigneur d’avoir pitié de nous, c’est-à-dire que, tous ensemble, nous lui murmurons ou nous lui crions : «À l’aide, Seigneur!» Nous venons ensemble vers notre Dieu, vers notre Père, comme le paralytique, comme la femme pécheresse, comme la femme adultère, comme les lépreux venaient vers Jésus. Comme eux, comme elles, nous savons que nous avons besoin d’aide non seulement pour la guérison de notre corps mais, aussi et peut-être surtout, pour la guérison de notre cœur.
L’eucharistie c’est le rassemblement d’un peuple de pécheurs et de pécheresses qui reconnaissent avoir besoin de la miséricorde de Dieu. L’eucharistie n’est pas le rassemblement des meilleurs, mais des pécheurs qui ont besoin de se réconcilier avec Dieu et avec leurs frères et sœurs. À la Cène, au dernier repas de Jésus, il y avait des pécheurs : Judas qui allait le trahir; Pierre qui allait le renier; Matthieu, un publicain; les apôtres qui cherchaient à avoir la première place… Et pourtant, c’est à eux tous que Jésus a livré son si beau discours d’adieu; c’est avec eux tous qu’il a partagé le pain et la coupe. Dans nos eucharisties, la Parole, le Pain et le Vin nous sont partagés à nous qui sommes les disciples de Jésus, mais des disciples qui ont besoin de conversion. Quand nous disons : «Seigneur, prends pitié», quand nous récitons le Pater : «Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés», quand nous demandons : «Délivre-nous, Seigneur, de tout mal», quand, juste avant le rite de communion, nous supplions : «Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir mais, dis seulement une parole et je serai guéri», oui, quand, bien des fois au cours de la célébration eucharistique, nous avouons devant Dieu que nous sommes pécheurs, il nous reconnaît comme ses fils et ses filles, comme les frères et sœurs de son Fils, Jésus; Il nous réconcilie avec lui et entre nous.
Tout cela n’est pas magique. Pas magique mais mystérieux! Pas magique mais merveilleux! Oui, c’est un grand mystère que la miséricorde de Dieu. Oui, c’est une grande merveille que ce pardon qu’il accorde toujours. Et parce que le pardon, c’est le plus beau nom de l’amour, quand nous venons à l’eucharistie, nous vivons le rassemblement d’un peuple de pécheurs pardonnés appelés à pardonner eux-mêmes «non pas jusqu’à sept fois mais, jusqu’à soixante-dix fois sept fois.» (Mt 18,22)
Denise Lamarche, CND
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| Jour 4 - Dimanche 9 mars 2008:...ce pain de la vie éternelle |
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TOI QUI NOUS DONNES CE PAIN…
CE PAIN DE LA VIE ÉTERNELLE…
LA MORT DE JOSEPH
Des esprits curieux se sont demandés : « Quel âge pouvait bien avoir Jésus lorsque son père est décédé? »Nous n’en savons rien. Nous ne connaissons ni l’année, ni la date, ni l’heure de la mort de Joseph. Mais ici, les illustrations de cet événement important pour la sainte famille nous montrent un Jésus dans la vingtaine avec sa maman au chevet du charpentier.
Dans la basilique le sommet de la grande mosaïque qui entoure la chapelle du Saint-Sacrement nous montre Jésus et Marie entourant Joseph mourant; alors qu’à l’arrière le vitrail situé à la droite lorsque nous entrons est titré : Gloire de la vie éternelle. Chaque vitrail de la basilique porte un titre en l’honneur de saint Joseph.
Dans le musée de la sainte famille, à l’étage des crèches, nous trouvons avec les personnages grandeur nature la même scène de Joseph agonisant entouré de Marie et de Jésus. Et dans la crypte la verrière en avant du côté du grand crucifix nous présente la même situation. Joseph ne meurt pas seul. Il est accompagné par les deux personnes auxquelles il a dédié toute sa vie : son épouse et son fils qu’il a adopté à la naissance.
JOSEPH, PATRON DE LA BONNE MORT
Cette entrée du chef de la sainte famille dans la vie éternelle a marqué la dévotion des chrétiens. Dans la chapelle votive où se trouvent les lampes et lampions, parmi les huit sculptures de l’artiste Guardo, il y en une qui présente Joseph comme patron des mourants et patron de la bonne mort.
Pour que Joseph joue un tel rôle dans le peuple de Dieu, il a fallu que sa propre mort soit exceptionnelle. De fait l’on peut facilement imaginer que Jésus a fait cadeau à son père de la terre de secrets qu’il révélera plus tard à ses disciples.
Il a dû lui confier à l’oreille : « Par moi la mort est définitivement vaincue . Je suis la résurrection et la vie éternelle… N’aie pas peur papa, je t’ai préparé une belle place dans la maison de mon Père au ciel… Crois en moi et tu auras la vie éternelle. Je suis le pain de vie. »
Bernard Lacroix, c.s.c.
Le 9 mars 2008
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| Jour 4 - Dimanche 9 mars 2008 : 4e entretien |
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4e JOUR
Toi qui nous donnes ce pain…
le pain de la vie éternelle…
(Après le Psaume)
Déjà, nous en sommes au quatrième jour de la neuvaine. Nous continuons à prier le Seigneur et à le célébrer en lui disant «Toi qui nous donnes ce pain…» Bien sûr, il nous donne le pain de la joie, le pain du rassemblement et de la communion, le pain de la réconciliation. Il nous donne aussi le pain de la vie éternelle.
La vie est précieuse. Nous voulons qu’elle dure toujours. Cela est vrai même pour les personnes tentées par le suicide. Ce que ces personnes veulent détruire, ce n’est pas la vie; c’est la souffrance et la mort. Mais ce que nous trouvons bon dans notre vie, nous voulons, nous espérons que cela dure toujours. Nous voulons nous réveiller en pleine vie. Un peu comme Oscar, ce petit garçon soufrant de leucémie dons nous parle Eric-Emmanuel Schmitt dans son livre et sa pièce de théâtre intitulés Oscar et la dame rose.
Alors qu’il en est au dernier jour de sa maladie, Oscar, très fatigué veut dormir sans qu’on le dérange. Il écrit donc un billet qu’il laisse sur sa table de chevet. Il s’endort et meurt dans son sommeil. Or, quand on trouve ce dernier message de l’enfant, on y lit : «Dieu seul a le droit de me réveiller.»
C’est Dieu qui nous réveille de la mort. C’est Dieu qui nous ressuscite comme il a ressuscité Jésus. Comme il l’a relevé du tombeau. En grec, il n’y a qu’un seul mot pour dire réveiller et ressusciter. Et nous savons que Dieu a non seulement le droit mais, la volonté et le pouvoir de nous réveiller, de nous ressusciter. L’eucharistie est le repas que Dieu nous donne. Chaque fois que nous célébrons l’eucharistie, nous mangeons ce pain que Dieu nous donne. Un pain qui nous fait vivre éternellement. Le même Jésus qui, aujourd’hui, dans l’évangile dit à Marthe avant de réveiller son frère Lazarre : «Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra» (Jn 11,25) est celui qui dit aussi : «C’est moi qui suis le pain de vie; celui qui vient à moi n’aura jamais faim; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.» (Jn 6,35) Ce qui revient à dire pour une bonne part : «Celui qui mange de ce pain vivra éternellement.»
Quand nous venons célébrer l’eucharistie, nous recevons et nous mangeons le pain de la vie éternelle. C’est un grand mystère. C'est-à-dire que c’est le grand projet d’amour de Dieu que Jésus est venu nous révéler et qu’il a réalisé. Ce projet d’amour, c’est que nous vivions, c’est que le monde vive à plein et pour toujours. Nous touchons là le cœur de notre foi : Jésus, vrai Fils de Dieu, n’est pas resté dans la mort; il est ressuscité et, par sa résurrection, il a fait une brèche dans le tombeau du monde; il nous entraîne dans sa résurrection pour que nous vivions éternellement avec lui, pour que notre vie n’ait jamais de fin et qu’elle soit remplie de paix et de joie.
Le pain de l’eucharistie, c’est toute la vie donnée de Jésus. Jésus se fait pain pour notre faim. Il se fait pain pour les affamés du monde. Il se fait pain pour que nous devenions pain à notre tour. Pour que nous donnions a manger à ceux et celles qui ont faim de pain pour leur corps, d’espérance pour leurs rêves, de paix, d’amour, de justice, d’égalité pour leur cœur… Car toutes celles-là, tous ceux-là qui ont faim sont appelés aussi au bonheur, à la vie éternelle. C’est pour le monde entier que Jésus a donné sa vie. C’est pour le monde entier qu’il se fait pain.
À chaque eucharistie, l’Esprit Saint vient sur le pain et le vin pour que ce pain et ce vin deviennent la présence de Jésus ressuscité. Il vient aussi sur nous qui sommes le Corps du Christ pour que la vie du Ressuscité passe en nous. Dans l’eucharistie, nous fêtons ensemble en l’honneur de Jésus ressuscité qui nous appelle à vivre dès aujourd’hui en croyant en lui, en mettant nos pas dans ses pas, notre main dans sa main, notre cœur dans son cœur pour qu’il nous entraîne avec lui dans la vie éternelle. C’est notre foi, c’est la foi de toute l’Église et nous sommes fiers de pouvoir la proclamer dans une même communion fraternelle.
Denise Lamarche, CND
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| Jour 5 - Lundi 10 mars 2008:..ce pain de la Parole |
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TOI QUI NOUS DONNES CE PAIN…
LE PAIN DE LA PAROLE…
LE LIVRE DE LA PAROLE
Joseph de Nazareth fait partie d’un peuple qui pratique la religion du Livre. Ce Livre qu’on appelle aujourd’hui la Bible raconte les merveilles que Dieu fit pour son peuple, Israël, l’alliance qu’il scella avec lui sur le Mont Sinaï et la Loi de Moïse qui en découla, les paroles des prophètes qui annonçaient la venue d’un Libérateur, d’un Messie.
LA PAROLE ÉCOUTÉE
Comme tout bon juif, Joseph apprenait par cœur ces écrits sacrés, priait le Dieu de ses ancêtres et le célébrait avec les siens, tant à la maison qu’à la synagogue. La destinée du peuple juif comme l’existence de chaque israélite se confrontait à ce Dieu qui parle et se manifeste dans le temps.
Le charpentier confrontait les événements de sa vie avec la parole sacrée. Il l’écoutait, la ruminait… et lui obéissait. Face à sa fiancée enceinte à son insu, face à la naissance mystérieuse de son enfant, devant cet adolescent qui, à douze ans, tenait tête aux docteurs de la Loi et ensuite lui était parfaitement soumis… Joseph se voyait éclairé. L’Esprit de Dieu guidait sa conscience dans les décisions à prendre et lui montrait le chemin à suivre.
LA PAROLE CONTEMPLÉE
En écoutant la Parole et en lui obéissant, Joseph réalisait le plan de Dieu sur lui mais aussi sur l’histoire de toute l’humanité. Il se trouvait dans une situation fort mystérieuse. S’il pouvait parcourir les pages écrites de la première Alliance, il ne pouvait deviner ce que serait la deuxième Alliance.
Il était à la charnière de deux mondes et méconnaissait absolument l’importance de son rôle. Il n’était que le père d’un enfant. Il ne faisait qu’éduquer et former un adolescent qu’il ne comprenait pas toujours. En fait, il contemplait le Verbe fait chair, il préparait le chemin de celui qui a les paroles de la vie éternelle.
Aujourd’hui suivons l’exemple de saint Joseph. Écoutons Dieu qui nous parle, éclaire notre projet de vie et féconde nos existences. Avec Joseph contemplons Jésus qui réalise pour nous dans le sacrement de l’Eucharistie une merveille.
Par l’action de l’Esprit Saint, les paroles de Jésus dites à son dernier repas s’adressent à nous : « Je suis le pain descendu du ciel pour que vous ayez la vie éternelle. »
Bernard Lacroix, c.s.c.
Le 10 mars 2008
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| Jour 5 - Lundi 10 mars 2008: 5e entretien |
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5e jour
Toi qui nous donnes ce pain…
le pain de la Parole…
(Après la salutation présidentielle)
Nous en sommes déjà à la moitié de notre neuvaine préparatoire à la fête de saint Joseph. Nous gardons bien la conviction que le Dieu qui nous invite à célébrer l’eucharistie nous donne le pain de la joie, le pain du rassemblement et de la communion, le pain de la réconciliation, le pain de la vie éternelle. Aujourd’hui, nous lui dirons du plus profond de notre cœur : «Tu nous donnes le pain de la Parole.»
Il m’a été donné un jour d’observer une gitane qui sollicitait les passants afin de lire leur avenir dans les lignes de leurs mains. Loin de moi l’idée d’encourager cette pratique mais, j’étais curieuse de voir comment cette personne s’y prenait pour attirer les gens. D’un peu plus loin, je l’ai observée. Elle s’approchait de ses clients potentiels en leur disant : «Venez, madame, venez, monsieur, je vais vous dire votre avenir. Vous aurez du bonheur.»
Je me suis prise à penser que cette gitane disait exactement ce que l’Église doit annoncer au monde : «Vous aurez du bonheur.» Si l’Évangile est Bonne Nouvelle, c’est qu’il est une annonce de bonheur. Et la mission de l’Église, c’est d’annoncer cette Bonne Nouvelle au monde. Lors d’une célébration eucharistique africaine, j’ai eu la chance de le mieux comprendre.
Ce jour-là, dès l’entrée en célébration, le chef du village s’adressait à l’évêque venu présider la célébration. Il lui demandait : «Monseigneur, quelle bonne nouvelle, venez-vous nous annoncer?» Et l’évêque de lui répondre longuement en évoquant les malheurs de l’humanité : «Partout dans le monde, il y a de la souffrance. Des hommes, des femmes, des enfants n’ont rien à manger. De plus en plus, il, y a des personnes atteintes du Sida. Il y a des guerres…» Je me disais que ce n’était pas là de très bonnes nouvelles. Et voilà que l’évêque a changé de ton : «Mais, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer : Dieu ne veut pas ces malheurs; il met dans le cœur des gens le désir que cela cesse; toutes ces épreuves peuvent diminuer et disparaître si nous faisons notre part pour que les biens de la terre soient partagés, pour que des malades soient guéris, pour que la paix existe entre les nations.»
Or, quand nous venons célébrer l’eucharistie, nous venons entendre la Bonne Nouvelle. Nous venons nous laisser annoncer : «Vous aurez du bonheur.» Nos rassemblements eucharistiques nous donnent l’occasion de manger la Parole de Dieu et cette Parole est promesse de bonheur. En effet, à chaque messe, nous entendons des lectures qui, si nous les accueillons dans la foi, deviennent pour nous Parole de Dieu. Parole qui nous dit l’amour de Dieu; Parole qui est porteuse de joie, d’espérance, d’appels au dépassement, de défis à relever pour que le monde soit plus beau et les gens plus heureux.
C’est comme si, à l’eucharistie, Dieu sortait de son silence pour parler à son peuple; pour nous parler à nous. Et j’aime bien penser à Dieu comme à un père ou une mère qui dit à son enfant : «Écoute-moi quand je te parle.» Quand des parents disent cela à leur enfant, c’est qu’ils veulent attirer son attention. C’est aussi qu’ils veulent lui faire comprendre qu’il doit leur obéir. En plusieurs langues, le même mot se traduit à la fois par écouter et par obéir. Quand ils célèbrent le sabbat, les Juifs reprennent un beau texte de la Bible et chantent : «Écoute, Israël! Le Seigneur Dieu est le seul Seigneur.» (Dt 6,4)) Nous qui sommes disciples de Jésus, nous pourrions chanter à notre tour : «Écoute, Église! Écoute, peuple de Dieu! Le Seigneur qui te parle est le seul Seigneur. Écoute, essaie de comprendre sa volonté et sois fidèle à cette volonté.»
Nous savons bien qu’un vrai dialogue nourrit l’amitié, qu’il permet d’approfondir une relation entre amoureux, entre parents et enfants, entre frères et sœurs, entre amis... Quand nous parlons de nos joies, de nos peines, de nos projets avec quelqu’un qui nous écoute pour vrai, cela nous fait du bien. Quand nous écoutons l’autre qui nous parle de ses rêves, de ses espérances, de ses craintes, cela lui fait du bien aussi. Écouter l’autre, c’est, d’une certaine manière, donner voix à notre silence. Notre silence dit à l’autre : «Ce que tu dis est tellement important, tellement précieux pour moi que je prends le temps de t’écouter.» Un vrai rassemblement fait toujours place à la parole et à l’écoute de la parole. Un vrai rassemblement est un lieu privilégié du dialogue.
La première grande partie de la messe, de la célébration eucharistique, est un dialogue entre Dieu et nous. Quand nous accueillons dans la foi les textes qui nous sont proclamés, nous entendons ce que Dieu a à nous dire : nous nous laissons nourrir par sa Parole qui est un bon pain pour notre esprit, pour notre cœur. Avant d’entendre ces textes, nous sommes comme le jeune Samuel qui, suivant le conseil du prophète Élie, disait à Dieu : «Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.» (1 S3-9) Puis, quand nous avons bien écouté, quand nous sommes nourris du pain de la Parole, vient notre tour de répondre. Dieu ne parle pas tout seul; il nous parle et il attend de nous que nous lui répondions dans la prière et dans l’engagement de nos vies. Le psaume que nous chantons est réponse à la Parole de Dieu. Cette réponse, l’Esprit de Dieu lui-même la suscite en nous. L’acclamation à l’évangile est aussi une part du dialogue que nous avons avec notre Dieu. Nous nous réjouissons de la Bonne Nouvelle, de la promesse de bonheur qui nous est annoncée.
Mais, il ne suffit pas de répondre à Dieu dans la prière. C’est toute notre vie qui est nourrie par le Pain de la Parole de Dieu. C’est toute notre vie qui devient autre, c’est à dire plus confiante, plus joyeuse, plus aidante pour d’autres, plus orientée au partage, au pardon… C’est toute notre vie qui est nourrie par la Parole de Dieu, par Jésus qui se donne à nous, lui le Pain de vie. C’est donc toute notre vie qui est réponse aux attentes, au rêve, au projet de Dieu sur nous. Tout au cours de cette célébration, ayons au cœur ce que le prophète Isaïe met dans la bouche de Dieu : «Comme la neige ou la pluie descend des cieux et n’y retourne pas sans avoir saturé la terre (…) ainsi se comporte ma parole du moment qu’elle sort de ma bouche : elle ne revient pas vers moi sans avoir accompli son effet.» (Is 55,10-11) Que le pain de la Parole de Dieu soit notre nourriture! Qu’il nous fortifie pour que nous fassions la volonté de Dieu tout au long de notre vie.
Denise Lamarche, CND
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| Jour 6 - Mardi 11 mars 2008: ...ce pain de la prière |
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T OI QUI NOUS DONNES CE PAIN…
LE PAIN DE LA PRIÈRE…
Nous en sommes au 6e jour de notre neuvaine préparatoire à la fête de saint Joseph. Et nous continuons à nous émerveiller devant notre Dieu en lui disant : « Toi qui nous donnes ce pain… » Nous avons goûté, venant de Dieu, au pain de la joie, du rassemblement et de la communion, de la réconciliation, de la vie éternelle, de sa Parole. Aujourd’hui nous accueillons un autre cadeau du ciel : le pain de la prière.
LA PRIÈRE, UN CHEMIN
La prière est un parcours intérieur qui se vit dans un va-et-vient continuel entre notre cœur et celui de Dieu. Mais le chemin de la prière n’est pas toujours facile. Il est souvent rempli d’embûches. C’est pourquoi nous avons souvent besoin de recourir à des guides expérimentés. Ces derniers nous accompagnent sur le chemin de la prière et aident à rejoindre le cœur de Dieu et à ouvrir notre propre cœur à sa présence.
L’EXPÉRIENCE DU FRÈRE ANDRÉ
Lorsque nous venons en pèlerinage à l’Oratoire Saint-Joseph, notre prière prend un chemin particulier. Nous parlons au Frère André de nos souffrances, de nos besoins, de nos rêves. Il nous écoute aussi longtemps que l’on veut bien parler. Il est très patient depuis qu’il est au ciel. Mais en bout de ligne il nous envoie à saint Joseph. Ite ad Joseph.
L’humble charpentier de Nazareth aussi nous écoute patiemment. Il reçoit toujours nos prières. Mais il a une façon très personnelle de fonctionner : il s’associe toujours à son épouse Marie pour présenter nos demandes à leur fils, Jésus. Le Frère André disait : « Quand Marie et Joseph se mettent ensemble, ça pousse fort! » Et il ajoutait : « Jésus ne peut rien refuser à son père et à sa mère. » Aussi présente-t-il toujours leurs intercessions à son Père du ciel.
En ce sanctuaire, le chemin de notre prière est donc le suivant : nous prenons la rue du Frère André qui débouche sur le Boulevard Saint-Joseph. Ce qui nous conduit sur l’autoroute de la Sainte Famille pour atteindre le cœur de Dieu le Père. Mais rue, boulevard, autoroute ne sont que des moyens. Qu’arrive-t-il à notre prière?
NOTRE PRIÈRE, UN MOUVEMENT INTÉRIEUR
Après avoir confié nos secrets, nos besoins et nos demandes à nos intercesseurs, nous entrons dans une prière d’attente et de silence. Et c’est là qu’il se passe quelque chose de mystérieux. Nous prenons conscience que celui que nous essayons de rejoindre est déjà en nous. La parole de Jésus se réalise : « Mon Père et moi nous viendrons en vous et nous ferons de vous notre demeure. » Nous sommes habités, nous sommes le temple de Dieu.
Et cette autre parole de Jésus : « Je vais vous envoyer mon Esprit et je serai avec vous jusqu’à la fin du monde. » Dans le silence et l’attente d’une réponse à notre prière, nous prenons conscience que l’Esprit du Ressuscité agit en nous. Non seulement il inspire nos demandes, mais il nous éclaire pour comprendre les réponses du Père et découvrir son désir sur nous.
C’est dans ce mouvement intérieur que le cœur de Dieu rencontre le nôtre. Notre prière rencontre le désir de Dieu et l’Esprit Saint nous fait communier à la présence divine. C’est le pain de la prière que nous pouvons manger à volonté. Ce pain, qui en tout temps, comme le dit saint Paul, nous permet de faire connaître nos demandes à Dieu.
Faisons-le avec confiance. Marie et Joseph ont l’oreille attentive et demande au Sauveur de présenter nos demandes à son Père du ciel.
Bernard Lacroix c.s.c.
Le 11 mars 2008
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| Jour 6 - Mardi 11 mars 2008: 6e entretien |
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6e jour
Toi qui nous donnes ce pain…
le pain de la prière…
(Après la prière universelle)
Nous venons tout juste de suivre le conseil que saint Paul donnait aux Philippiens : «Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute occasion, par la prière et la supplication (…) faites connaître vos demandes à Dieu.» (Ph 4,6) Puis, alors que tant d’intentions de prière ont été si bellement apportées à l’autel, nous avons repris la prière de Jésus au Père. Nous avons prié pour le monde, pour l’Église, pour les personnes souffrantes, pour les pèlerins, pour nous-mêmes. C’est l’Esprit Saint qui nous rend capables de prier. C’est lui qui nous pousse à dire comme Jésus : «Père, fais toi reconnaître comme Dieu (…) donne-nous le pain…» (Lc 11,2-3) C’est l’Esprit Saint qui prie en notre cœur. J’ai mieux compris cela, alors que je causais, un jour, avec une religieuse âgée de 95 ans.
Toute triste, elle me disait : «Moi, je ne sais pas prier. Alors, chaque matin, je m’assois à la chapelle et je dis au bon Dieu : ‘Parle, Seigneur, ta servante écoute.’ Puis, je garde silence et, parfois, dans mon cœur, j’entends le Seigneur qui me parle.»
Jamais, je n’avais si bien entendu parler de la prière. Prier, ce n’est pas que dire des paroles. Prier, c’est tourner notre cœur vers le Seigneur, demeurer en sa présence et le laisser nous parler. C’est Dieu qui prend l’initiative d’ouvrir notre cœur à la prière.
L’eucharistie est la grande prière des chrétiennes et des chrétiens. Elle est la prière de toute l’Église qui fait mémoire de Jésus et, tout particulièrement, de son dernier repas, de sa mort, de sa résurrection. À l’eucharistie, nous prions à la manière de Jésus.
À la Cène, Jésus a prié pour ses disciples qu’il envoie dans le monde (Jean 17,9.18). Il a aussi prié «pour ceux qui grâce à leur parole, croiront en lui» (Jean 17,20). Il priait donc pour nous qui croyons en lui. À l’eucharistie, nous pétrissons ensemble le pain de la prière. Nous le mangeons. Dans une même communion, nous prions pour le monde entier, portant en notre cœur les personnes de tous âges et de toutes conditions; les pauvres qui ont faim et les riches qui ont à partager; les citoyennes et les citoyens comme les dirigeants politiques; les croyantes et les croyants comme celles et ceux qui ne le sont pas; les peuples opprimés et ceux qui les oppriment; bref, nous venons à l’eucharistie avec un cœur ouvert au monde comme il l’est à Dieu. D’ailleurs, dans le cœur de Dieu, ne sont-ils pas écrits les noms des gens, des nations, des peuples de toute la terre?
La prière universelle, de même que la prière eucharistique, monte vers ce Dieu qui nous donne le pain de la prière. S’en nourrir, c’est rendre grâce pour tout ce qui vient de lui; c’est rappeler devant lui ce qu’il a fait de si bon et qu’il renouvelle en notre faveur.
Quand nous venons célébrer l’eucharistie, nous faisons plus que nous souvenir du dernier repas de Jésus qui partage le pain à ses disciples. Nous faisons mémoire de lui. Il y a une grande différence entre se souvenir et faire mémoire. Un simple fait de la vie courante peut nous faire saisir cette différence.
Un enfant de dix ans dit un jour à sa mère : «Tu sais, maman, les tartes que tu as faites la semaine dernière, elles étaient très bonnes.» Cet enfant ne faisait pas que ce souvenir. Il faisait mémoire. Il voulait dire à sa mère : «Elles étaient si bonnes ces tartes que je te demande d’en faire d’autres.»
Notre prière eucharistique fait mémoire. Elle dit à Dieu : «Ce que tu as fait par Jésus pour le bonheur du monde, c’était si bon. Fais-le encore. Montre-nous et montre à ton Église et au monde ton amour comme tu l’as déjà fait. Garde-nous et garde l’Église et le monde dans l’espérance comme tu l’as déjà fait. Nourris-nous, nourris l’Église et le monde du pain de vie, du pain de la vie éternelle comme tu l’as déjà fait.
L’eucharistie est prière et nous invite à faire grande la place de la prière en notre vie. L’Esprit Saint prie en nous. À nous de nous rendre disponible à son souffle.
Denise Lamarche, CND
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| Jour 7 - Mercredi 12 mars 2008: ...le pain donné et partagé |
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TOI QUI NOUS DONNES CE PAIN…
CE PAIN DONNÉ ET PARTAGÉ…
La réflexion que nous faisons sur le pain eucharistique ne peut faire autrement que de nous renvoyer à l’expérience du repas vécu en famille ou entre amis. En vivant avec ses disciples son dernier repas, Jésus s’est sûrement rappelé les repas de fête célébrés avec sa famille.
LA FAMILLE DE NAZARETH
C’est dans la toute petite enfance que nous, humains, faisons l’expérience d’accueillir la vie donnée et partagée de mille et une façons, particulièrement par la nourriture. Jésus a vu Marie et Joseph donner le plus clair de leur temps à faire fonctionner le foyer et à lui consacrer le meilleur d’eux-mêmes.
Les repas pris en famille à Nazareth célébraient leur affection. Les aliments préparés par la mère et le pain béni par le père en remerciant Dieu pour tous ses dons unissaient les membres de la Sainte Famille et faisaient grandir leur amour. L’on peut penser que plusieurs paroles de Jésus que l’on trouvera dans les quatre évangiles ont pris naissance dans son cœur au moment où il regardait vivre ses parents.
Lorsque j’arriverai au ciel, j’ai l’intention de poser cette question à Jésus : « Jusqu’à quel point étiez-vous influencé par Marie et Joseph lorsque vous avez dit Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime?» Le don que Jésus a fait de sa vie à son Père du ciel est pétri de l’amour quotidien de ses parents.
LA FAMILLE DE SAINTE-CROIX
Le Frère André et le Père Basile Moreau ont bien compris la place que jouent le charpentier de Nazareth et son épouse dans la réalisation du plan du salut.
Tout en ayant une dévotion particulière à saint Joseph, le frère André passait des heures et des heures à méditer la passion de Jésus. Aussi comprenait-il les souffrances et les angoisses des pèlerins qui faisaient appel à sa prière. Mais toujours il croyait que les membres de la Sainte Famille agissaient ensemble pour rejoindre le cœur de Dieu. Il disait : « Le Seigneur Jésus ne peut rien refuser lorsque les demandes viennent de ses parents. »
De son côté, au milieu du 19e siècle, Basile Moreau rêvait de fonder une communauté religieuse à l’image de la Sainte Famille : des sœurs consacrées à Marie, des frères consacrés à saint Joseph et des prêtres consacrés au Sacré-Cœur. Dans les faits, il fonda la Congrégation de Sainte-Croix composée de frères et de prêtres. Et, avec l’aide de sœur Marie des Sept Douleurs, il fonda une communauté de femmes : les Marianites de Sainte-Croix.
La spiritualité du Père Moreau est centrée sur le mystère de la croix et de l’eucharistie. Jésus donne sa vie par amour. Il sauve le monde en mourant sur la croix et se donne en partage dans le pain de vie. C’est l’accomplissement d’une longue préparation vécue par Jésus avec Marie et Joseph.
LA FAMILLE DES DISCIPLES DE JÉSUS
C’est nous, les disciples de Jésus aujourd’hui, qui avons cette précieuse mission de rendre Jésus présent au monde en refaisant son dernier repas. Nous accueillons Jésus pain de la vie éternelle. Il se donne à nous pour que nous le portions aux autres. Chaque fois que nous ouvrons notre cœur à son amour et que nos mains le donnent aux autres, Dieu continue à nourrir l’humanité de sa tendresse infinie.
Bernard Lacroix, c.s.c.
Le 12 mars 2008
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| Jour 7 - Mercredi 12 mars 2008: 7e entretien |
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7e jour
Toi qui nous donnes ce pain…
le pain donné et partagé…
(Après le psaume)
Nous approchons de la fin de la neuvaine préparatoire à la fête de saint Joseph. Après avoir célébré Dieu qui nous donne le pain de la joie, du rassemblement et de la communion, de la réconciliation, de la vie éternelle, de sa Parole, de la prière, nous lui rendrons grâce aujourd’hui de nous donner un pain qu’il nous faut préparer et partager.
Quand nous sommes invités à un repas, il convient que nous apportions quelque chose aux personnes qui nous invitent à leur table : des fleurs, une bouteille de vin…. Parfois même, nous contribuons au repas en apportant un plat : une salade, un dessert…
L’eucharistie est un repas. Mais que pouvons-nous apporter à Dieu qui nous invite à sa table? À chaque célébration de l’eucharistie, le prêtre qui préside l’assemblée dit au Seigneur : «Toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes et des femmes.» Et cela rend compte d’une belle et grande réalité : Dieu nous donne le pain mais il ne le fabrique pas à notre place. Quand le pain arrive sur la table, nous pouvons penser à toutes les étapes par lesquelles il lui a fallu passer pour devenir pain. Des personnes ont dû labourer la terre, semer le blé, le cultiver, en moudre les grains, en faire de la farine, pétrir la pâte, la cuire… Dieu ne fait jamais à la place des humains ce qu’il leur revient de faire. Il leur donne à la fois l’aptitude à le faire et le courage de le faire mais, les humains doivent s’investir. Ils doivent travailler. Comme il donnait la manne aux Hébreux dans le désert mais, que les hébreux devaient la cueillir et la partager, ainsi, il nous donne ce pain que nous devons préparer et partager. Et tous et toutes, nous pouvons le faire.
Nous sommes parfois comme ce petit Julien, un enfant de trois ans, qui aime bien aider son grand-père à préparer le repas en coupant les champignons et en aidant à dresser la table.
Oui, nous avons peut-être peu mais, ce que nous avons, nous pouvons l’offrir.
En beaucoup de pays, la nourriture de base servie dans les repas les plus humbles comme dans les banquets les plus huppés, c’est du pain. Le pain est toujours une denrée précieuse. Il est chargé de symbole. Il y a quelque chose de sacré dans le pain et je me souviens de mon père qui, avant de couper le pain y traçait une grande croix avec le couteau. On ne gaspille pas le pain surtout dans un monde où tant de gens meurent de faim.
C’est de pain dont Jésus a voulu se servir pour donner à penser à lui quand, lors de son dernier repas, il a dit après avoir rendu grâce au Père et avoir rompu ce pain : «Prenez, mangez, ceci est mon corps» (Matthieu 26,26). Partageant le pain, c’est toute sa vie qu’il donnait. Le pain est le symbole de la vie donnée du Christ pour le bonheur des humains. De ce don du pain, de ce don de la vie du Seigneur pour la vie du monde, nous faisons mémoire dans l’eucharistie. Et ce pain que Dieu nous offre, il donne à la terre d’en produire les éléments comme il donne aux femmes et aux hommes de le préparer, de le partager, d’y communier.
La préparation des dons, c'est-à-dire celle du pain et du vin de l’eucharistie permet à l’Église de prendre ce qui vient de Dieu pour le lui rendre. Car nous ne pouvons rien offrir à Dieu qu’il ne nous donne pas d’abord. Et la meilleure façon que nous ayons d’offrir ce qu’il y a de meilleur à Dieu, c’est de prendre ce qui vient de lui pour le partager avec les autres. Rendre à Dieu le pain et le vin, cela ne peut que nous renvoyer à devenir nous-mêmes comme du bon pain pour l’humanité que Dieu veut nourrir de sa vie. Dans notre famille, dans notre voisinage, dans notre milieu de travail, il y a des gens qui ont besoin du pain de notre tendresse et de notre réconfort. Nourris du pain de l’eucharistie, nous pouvons devenir pour eux ce pain de la tendresse et du réconfort. En divers milieux, il y a des jeunes qui ont faim d’être compris et reconnus. Nourris du pain de l’eucharistie, nous pouvons devenir pour eux ce pain de la compréhension et de la valorisation. Dans les résidences de personnes âgées, il y a des femmes et des hommes esseulés qui ont faim de présence et de compassion. Nourris du pain de l’eucharistie, nous pouvons devenir pour eux ce pain de la présence et de la compassion. Partout dans le monde, il y a des pauvres qui n’ont rien à manger et même rien à boire. Nourris de l’eucharistie, nous pouvons devenir pain par notre partage. En présentant à Dieu le pain et le vin, reconnaissons que c’est bien ce qui vient de lui que nous lui rendons. Reconnaissons aussi que notre meilleure façon de le lui rendre c’est de le partager avec nos sœurs et nos frères en humanité. Il les aime tellement et il les appelle comme nous au bonheur et à l’espérance.
Denise Lamarche, CND
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| Jour 8 - Jeudi 13 mars 2008: ...le pain du grand merci |
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TOI QUI NOUS DONNES CE PAIN…
CE PAIN DU GRAND MERCI…
LA RECONNAISSANCE À NAZARETH
C’est dans sa maison natale de Nazareth que Jésus a été initié à la reconnaissance, à la fête et à la célébration religieuse. Ses parents lui ont appris à dire merci! en signe de gratitude pour ce qu’il recevait d’eux. Chaque sabbat il a participé aux prières d’action de grâces pour remercier Dieu de ses bienfaits et il a vu Joseph, son père, bénir le pain et les aliments reçus comme des dons du Créateur.
À douze ans, comme tous les enfants de son temps, Jésus quittait le monde de l’enfance pour apprendre à prier avec les grands. Joseph lui a appris les chants de montée à Jérusalem pour le pèlerinage annuel de Pâque. Car éternel est son amour. C’est dans le cœur et la pratique religieuse de Marie et Joseph qu’origine la vocation de Jésus d’être le chantre des merveilles du Créateur pour l’humanité.
À son dernier repas, il donne une dimension toute nouvelle et universelle aux prières et aux chants appris de son père et de sa communauté religieuse. Il reconnaît Dieu, qu’il appelle son Père, comme la source de la vie, de l’amour, de la paix, de la joie, du partage, de la communion. Et il rend grâce, car éternel, infini est son amour.
UN LIEU DE RECONNAISSANCE
Joseph n’a peut-être pas terminé son rôle d’éducateur à la prière de reconnaissance. Il y a plus de cent ans Dieu s’est choisi un serviteur, le Frère André, et un lieu, le Mont Royal, pour que le charpentier de Nazareth continue sa mission dans le temps et l’espace. Des pèlerins de tous horizons viennent en ce sanctuaire pour prier et chanter la gloire de Dieu par l’intermédiaire de saint Joseph et du frère André.
Il se fait ici beaucoup de demandes et de supplications. Mais aussi beaucoup de remerciements et de reconnaissance pour faveurs obtenues. Voilà quelques mois, alors que j’étais au bureau de consultation, un couple s’amène. L’homme me dit : « Mon père, nous tenons à venir vous dire ceci.
Pendant sept ans, ma femme et moi, nous avons essayé d’avoir un enfant, nous avons consulté des spécialistes, pris des médicaments… toujours rien. Il y six mois, nous sommes venus prier saint Joseph toute une soirée dans la petite chapelle du frère André. Le mois suivant ma femme était enceinte. Ce soir nous venons remercier. » Et j’aurais bien d’autres exemples à vous donner.
LE TEMPS DE LA RECONNAISSANCE
Il demeure que le temps privilégié pour nous, disciples de Jésus, de remercier Dieu, c’est la grande prière eucharistique que nous allons faire à l’instant après la préparation des dons. En fait, c’est le Seigneur Jésus qui présente nos mercis à son Père.
Il remercie pour les biens reçus du Créateur. Et il nous dit en même temps : « Dieu vous confie sa création. Prenez le pain, le poisson et tout ce qu’il vous donne et partagez-le entre vous. »
Il remercie pour ses disciples qui répondent à son appel : « Faites ceci en mémoire de moi. » Son action de grâce où il se donne comme pain descendu du ciel pour nous nourrir de l’amour du Père ne peut se vivre qu’ensemble, en Église.
Remettons dans les mains de notre Sauveur toutes les raisons que nous avons de remercier maintenant : tout ce que Dieu fait de beau en nous et autour de nous. Le Ressuscité présente à notre Père toutes nos prières de reconnaissance. Et en plus Il se donne à nous. Rendons grâce! C’est le temps d’un très grand merci, car le ciel descend dans nos vies.
Bernard Lacroix, c.s.c.
Le 13 mars 2008
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| Jour 8 - Jeudi 13 mars 2008: 8e entretien |
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8e jour
Toi qui nous donnes ce pain…
le pain du grand merci…
(Après le Psaume)
C’est l’avant-dernier jour de la neuvaine préparatoire à la fête de saint Joseph. Nous n’avons pas fini de reconnaître le pain que Dieu nous donne. Depuis le début de cette neuvaine, nous avons mangé le pain de la joie, du rassemblement et de la communion, de la réconciliation, de la vie éternelle, de la Parole, de la prière, le pain donné et partagé. Aujourd’hui, nous réfléchirons sur l’eucharistie comme étant le sacrement de l’action de grâce. C’est dire que nous mangerons le pain du grand merci à notre Dieu.
Le mot merci est un mot que l’on apprend à dire dans notre plus jeune âge. Peu de temps après avoir été capable de dire Maman, Papa, l’enfant apprend à dire ce mot. En lui donnant un biscuit, on lui demandera : «Qu’est-ce qu’on dit?» On fera de même en lui présentant un jouet. On apprend à l’enfant à dire merci, à être reconnaissant. Nous le savons, c’est le signe d’une bonne éducation que de savoir remercier. C’est aussi la marque d’un grand cœur de savoir reconnaître ce qui est offert, ce qui est partagé, ce qui est donné gratuitement.
Je me souviens d’une jeune femme qui ne voulait pas adresser de remerciement aux personnes lui ayant offert de très beaux cadeaux à l’occasion de son mariage. À sa mère qui lui rappelait l’étiquette, elle avait répondu : «Je ne leur ai pas demandé de cadeau; ils étaient bien libres de m’en offrir ou pas. Alors, pourquoi devrais-je les remercier?»
Ce comportement nous étonne. Il nous semble bien qu’il allait de soi que cette jeune femme remercie pour ce qu’elle avait reçu, surtout que personne n’était obligé de lui offrir un présent. Notre étonnement ressemble un peu à celui de Jésus qui a guéri dix lépreux. Un seul étant venu le remercier de sa guérison, il avait dit : «Mais, où sont donc les neuf autres?» (Lc 17,17) Ici même, à l’Oratoire, bien des gens viennent remercier saint Joseph, le Frère André et surtout le Seigneur pour des faveurs obtenues.
L’eucharistie, c’est la fête du grand merci. Le mot eucharistie se dit en grec eucharistos. Il suffit d’écouter parler les Grecs et nous entendrons ce mot eucharistos qui se traduit tout simplement par merci. À l’euch | |