Sa canonisation

COMMENT ALFRED EST DEVENU SAINT FRÈRE ANDRÉ

Il a fallu pas moins de soixante-dix ans pour conclure la cause de canonisation du frère André, fondateur de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. Décédé le 6 janvier 1937, à l’âge de 91 ans, le frère André —né Alfred Bessette— a été élevé au rang de saint par l’Église catholique, le 17 octobre 2010. 

À sa mort et même bien avant, il ne faisait aucun doute dans l’esprit des gens que ce religieux était un saint. Un million de personnes ont participé à ses obsèques à Montréal pour lui rendre un dernier hommage. Le petit frère qui avait fait tant de bien se voyait gratifié d’une accolade communautaire incomparable, témoignage d’une affection sans bornes et indéfectible. Mais il fallait faire davantage pour que sa sainteté soit reconnue et serve de modèle dans l’Église universelle.

Une réputation de sainteté à vérifier

Entamer un procès en vue d’une béatification voire d’une canonisation n’est pas une mince affaire. La première étape de cette longue démarche consistait à analyser les quelques écrits laissés par le frère André, recueillir des témoignages de gens qui l’ont bien connu et s’assurer qu’aucun culte à son endroit n’avait été encouragé. Cette enquête a été menée de façon rigoureuse par l’archevêque de Montréal entre 1940 et 1949 afin d’établir l’existence d’une véritable réputation de sainteté fondée sur des faits. 

Serviteur de Dieu 

Le dossier est officiellement ouvert à Rome, le 22 juillet 1950. Il faudra une dizaine d’années aux experts du Vatican pour réviser le contenu des trois procès diocésains. L’entrée dans la nouvelle décennie et l’affection filiale du pape Jean XXIII permettront à la cause « Frère André » d’être introduite en cour de Rome, le 9 novembre 1960. Une étape importante par laquelle le frère André devient un « Serviteur de Dieu » sur la voie officielle de la canonisation. 

Vénérable

Au cours des années soixante sont institués les deux procès apostoliques : le premier questionnera l’héroïcité des vertus du Serviteur de Dieu (1962-1964) ; le second étudiera trois guérisons présumées miraculeuses obtenues par l’intercession du frère André (1965-1967). Le décret reconnaissant l’héroïcité des vertus du frère André est émis. Paul VI le déclare « Vénérable », le 12 juin 1978.

Bienheureux

La Congrégation pour les causes des saints poursuit l’étude des miracles. Une commission médicale retient le cas de Joseph Audino de Rochester (New York), qui avait été guéri d’un cancer en 1958 après avoir invoqué le frère André. Les médecins attribuent à cette guérison un caractère extraordinaire et miraculeux. Ce miracle permet à la cause du frère André de franchir une étape importante. Jean-Paul II procède au rite solennel de la béatification le 23 mai 1982 sur la Place Saint-Pierre à Rome en présence de délégations nombreuses venues du Québec, du Canada et des États-Unis. L’événement avait largement fait la manchette dans les médias et suscité un grand enthousiasme auprès du public.

Miracle nécessaire

Il restait une étape à franchir, une seule, l’ultime, celle de la canonisation. Pour atteindre ce but, un autre miracle s’avérait nécessaire. Celui-ci avait dû survenir après la béatification, après qu’une personne dans une situation critique ait fait appel à l’intercession du bienheureux frère André. Plus de vingt ans ont passé. Plusieurs faveurs obtenues ont été signalées au bureau de la cause à l’Oratoire Saint-Joseph mais quelques-unes seulement semblaient rencontrer les critères exigés par Rome.

photo: Bernard Brault

Saint

La guérison surprenante d’un enfant ayant subi un grave accident de la route en 1999 a fait l’objet d’une enquête diocésaine en février 2005, année où était célébré le centenaire de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. Le dossier de cette guérison a été soumis aux commissions vaticanes. De façon unanime, les médecins, les théologiens puis le Saint-Père ont conclu à une guérison scientifiquement inexplicable, attribuable au bienheureux frère André. C’est à lui que les parents du garçon ainsi que des amis de la famille avaient adressé leur prière en espérant l’impossible. 

Fête liturgique de saint André Bessette : 7 janvier